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L’inquiétude monte à Wall Street

Par 24 octobre 2023LMA Alertes

Cher lecteur de Top 1% Altucher,

Lors d’une conférence téléphonique avec mon équipe, nous avons débattu de l’idée d’une récession et si – oui ou non – l’activité économique ralentissait aux Etats-Unis.

Franchement, il existe toutes sortes de raisons de se faire du souci pour l’économie américaine.

En voici quelques-unes…

L’inversion de la courbe des taux (ou rendements)

Vous avez peut-être entendu les chroniqueurs financiers parler de l’inversion de la courbe des taux (ou rendements), mais savez-vous vraiment ce que cela signifie ?

Carte
(Colonnes grisées : récessions / Les taux sont inversés depuis le mois de juillet 2022)

L’inversion de la courbe des taux, c’est comme le bouton warning sur le tableau de bord d’une voiture.

Les investisseurs s’attendent à obtenir un rendement plus élevé sur des investissements de plus longue durée, tout comme l’on s’attend à percevoir des intérêts plus élevés sur un compte d’épargne à long terme que sur un compte épargne à court terme.

Mais lorsque les taux s’inversent, cela signifie que les investissements à court terme commencent soudain à rapporter plus que les investissements à long terme, ce qui suggère que les investisseurs anticipent de futurs risques ou problèmes économiques.

Autrement dit, lorsque cette courbe des taux s’inverse, les investisseurs signalent au marché qu’ils ont davantage confiance en ce qui se passe à l’instant « t » qu’en ce qui se passera dans quelques mois, voire un an.

Si l’inversion de cette courbe n’est pas la garantie d’une récession, elle signale néanmoins que les investisseurs sont inquiets à l’égard de la future santé économique des Etats-Unis.

Historiquement, l’inversion de la courbe des taux a précédé une récession, comme vous pouvez le voir sur le graphique ci-dessus.

Des taux d’emprunt qui flambent

Avez-vous suivi l’évolution des taux d’emprunt immobilier ?

Ils sont montés en flèche.

Taux d’emprunt immobilier moyen sur 30 ans aux Etats-Unis
Carte

Si vous avez acheté un logement à l’automne 1981 et contracté un prêt à taux fixe de 18% sur 30 ans, des taux qui se situent entre 7% et 8% ne vous perturbent peut-être pas.

Mais voilà… Aujourd’hui, les taux n’ont jamais été aussi élevés depuis l’an 2000.

Il y a encore deux ans, les Américains contractaient des prêts immobiliers sur 30 ans à des taux inférieurs à 3%. Ceux qui ont souscrit un prêt à taux fixe sont tranquilles, sous réserve qu’ils ne souhaitent pas acheter un autre bien immobilier. Mais quid de ceux qui ont souscrit des prêts à taux variable ? Le choc peut être brutal, quand on découvre que les mensualités ont explosé à la hausse avec l’ajustement des taux d’intérêt.

Ce n’est pas la hausse des taux d’emprunt immobilier qui pose problème, mais la rapidité à laquelle elle s’est produite. Comme l’indique le graphique, les taux d’emprunt immobilier ont grimpé en flèche, au cours de l’année qui s’est écoulée.

Chiffrons à quel point cette hausse peut affecter les emprunteurs. Partons du principe suivant.

  1. Votre note de solvabilité se situe entre 740 et 759 (système américain).
  2. Vous voulez emprunter 300 000 $ sur 30 ans à taux fixe.
  3. Vous acceptez de verser un apport de 20% et vous vivez en Géorgie.

Votre taux d’intérêt va se situer aux alentours de 8,63% et votre mensualité s’élèvera à 2 335 $. Si vous aviez souscrit ce prêt il y a deux ans, à un taux d’intérêt de 3%, votre mensualité s’élèverait à 1 265 $, soit 85% de moins.

La flambée des taux d’emprunt immobilier va faire baisser de façon spectaculaire le nombre de biens immobiliers achetés et vendus, ce qui aura – à son tour – un impact spectaculaire sur l’économie.

Mais c’est ici que les choses deviennent délicates…

Quand êtes-vous allé dans un aéroport pour la dernière fois ?

Au cours de ma discussion avec mon équipe d’investissement, nous avons également parlé de l’affluence dans les aéroports.

Je ne sais pas si vous voyagez souvent, mais mon équipe et moi sommes constamment en déplacement. Nous allons visiter des entreprises, assister à des conférences et rencontrer des dirigeants de sociétés.

Personnellement, je peux vous dire que les aéroports sont toujours aussi bondés et que les avions sont presque toujours complets.

Alors s’il existe des signes d’un ralentissement économique à l’horizon, ils ne sont pas encore visibles dans les aéroports.

Cette affluence dans les aéroports est anecdotique. Nous le savons.

Mais cela montre que lorsque le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, explique devant un auditoire de l’Economic Club of New York que sa politique n’est pas trop sévère (ce qu’il a fait l’autre jour), il a peut-être bien raison !

Si l’objectif de la Fed est de ralentir la croissance économique, de dompter l’inflation et de faire baisser les prix à un niveau qu’elle considère comme un rythme de changement plus durable, une chose est sûre : comme je le répète depuis plus d’un an, les taux d’intérêt vont rester élevés plus longtemps que ne le pense le marché ou qu’il ne l’a intégré dans les cours.

J’ai fait part en toute transparence de mes préoccupations concernant le marché actions.

Voilà pourquoi nous faisons preuve de patience, avant de déployer des fonds sur de nouveaux investissements.

Pour l’instant, nous allons rester prudents et laisser notre argent sur le banc de touche.

Bien cordialement,

Signature James Altucher

James Altucher