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L’OPEP sidère le marché pétrolier

Par 17 avril 2023LMA Alertes

Cher lecteur de Top 1% Altucher,

En début de mois, l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) – à commencer par l’Arabie saoudite – a annoncé une diminution de sa production de pétrole. Les États membres de l’OPEP entendent réduire leur production d’environ 1,16 million de barils par jour.

Cette décision a surpris tout le monde. Comme l’on pouvait s’y attendre, la Maison-Blanche n’a pas été contente. La baisse de la production dans cette région du monde a suscité contrariété et indignation, mais songeons à ce qu’il se passe au sein de l’économie mondiale avant de jeter une nouvelle fois la pierre à l’OPEP.

Nous avons tous envie que l’essence soit bon marché et que les prix du chauffage baissent. Et idéalement, on a tous envie que le prix du kérosène chute.

Mais voilà… Lorsque cette baisse de production a été annoncée, l’OPEP a dû prendre en compte que les banques régionales américaines étaient en difficulté, que la Maison-Blanche ne remplissait pas ses réserves stratégiques de pétrole aussi vite qu’elle l’avait dit et qu’il régnait une énorme incertitude autour d’une reprise soutenue de la Chine après les effets de sa politique du zéro-COVID.

Lorsque la Silicon Valley Bank a été saisie par les régulateurs, Wall Street, la Silicon Valley et toute la communauté du capital-risque se sont pétrifiés de terreur. Personne ne savait quelle banque allait tomber ensuite, si la FIDC (Federal Deposit Insurance Corporation) allait rembourser les déposants (au-delà des 250 000 $ maximum garantis par dépôt), et si l’économie américaine pouvait résister à une nouvelle crise bancaire.

Autrement dit, un coup de panique pas si bref s’est emparé de tous les financiers du monde.

Les Saoudiens ne sont pas fous. Ils ont considéré la crise des banques régionales américaines comme une nouvelle pièce du puzzle économique d’une récession mondiale à venir. Or les récessions pénalisent la demande et une demande qui diminue pénalise la stabilité des prix du pétrole brut.

Ensuite, l’OPEP a dû prendre en compte le fait que le président Biden ne souhaite pas reconstituer les réserves stratégiques de pétrole américaines.

Les investisseurs semblent avoir oublié que le gouvernement Biden a déclaré au monde entier en 2022 qu’il avait l’intention de remplacer/racheter le pétrole puisé en urgence dans les réserves stratégiques américaines, une fois que les prix du brut retomberaient au-dessous de 70 $. Or le cours du pétrole brut a chuté à 60 $ en mars 2023, et le gouvernement Biden n’a pas pour autant acheté un seul baril.

Qu’on le veuille ou non, l’OPEP voulait qu’un grand acheteur intervienne sur le marché pour équilibrer la physionomie de l’offre et de la demande. Comme Biden n’a rien fait, cela a forcé la main à l’Arabie saoudite.

Je ne peux dire précisément pourquoi Biden a décidé de ne pas reconstituer les réserves stratégiques américaines… Mais on peut tous argumenter que si le motif de cette inaction était d’obtenir des prix plus bas, faire du timing sur l’achat de millions de barils de pétrole est aussi idiot qu’essayer de ramasser une pièce de dix cents devant un semi-remorque qui approche à toute allure.

La Maison-Blanche avait une opportunité en or d’honorer sa promesse et de remplacer le pétrole qu’elle avait vendu, mais elle a choisi de ne rien faire. Et à présent, nous en payons le prix. C’est le cas de le dire.

Presque tout le monde aimerait bien croire que le COVID n’a jamais existé. Mais pour la Chine et son économie, la politique du zéro-COVID a poussé le pays au bord du précipice.

Bien que l’OPEP et les Saoudiens ne se préoccupent pas forcément de la façon dont la Chine gère la santé de sa population, ils doivent considérer la possibilité qu’il faudra des années – et non des mois – avant que l’économie chinoise ne se remette de cette phase de paralysie qui a duré plusieurs années.

Quand on considère tout ce que consomme la Chine, il est parfaitement sensé que l’OPEP ait peur de l’impact que cela aurait sur les cours du pétrole brut, à court et à moyen termes, si jamais l’économie chinoise ne renouait pas avant plusieurs années avec son niveau antérieur à la pandémie de COVID.

L’Arabie saoudite est le leader de facto de l’OPEP et qu’elle ne sait que trop bien que personne au monde ne trouvera jamais opportun de baisser la production.

Mais l’OPEP n’est pas une entreprise pétrolière. Et même si ses États membres comprennent à quel point il est dangereux de laisser les prix du pétrole augmenter aussi vite, aussi haut, ils savent également que dans l’intérêt de leurs entreprises et de leurs pays, ils doivent trouver le bon équilibre entre l’offre et la demande.

Si l’économie américaine glisse dans la stagflation, les prix du pétrole resteront relativement intacts. Une fois que notre économie se redressera et que nous serons passés en mode marché haussier, je crois que les cours du pétrole dépasseront à nouveau les 100 $ le baril.

Bien cordialement,

Signature James Altucher

James Altucher