
Cela fait plusieurs semaines que je vous parlais d’une correction boursière, mais l’effondrement des cours des actions, des cours du pétrole et des taux d’intérêt ne correspond pas au scénario que j’avais envisagé.
Laissez-moi vous expliquer.
Le coronavirus a frappé au pire moment pour les marchés financiers : précisément quand ils se situaient à leurs plus hauts niveaux historiques.
Nous avons connu de nombreuses épidémies au cours des 30 dernières années, mais elles n’ont pas toutes semé un vent de panique sur les marchés financiers.
Lorsque le virus SARS a frappé en avril 2003, les marchés financiers se relevaient d’un épisode baissier très douloureux. L’épidémie n’a donc eu quasiment aucun effet sur les cours en Bourse.
En avril 2009, lorsque la grippe porcine a frappé, les marchés actions n’en ont eu que faire et ont progressé.
Or, cette fois, lorsque le coronavirus a frappé la Chine, les actions étaient survalorisées et s’échangeaient en Bourse à leurs plus hauts niveaux historiques.
De fait, alors que les traders n’avaient aucune raison d’être pessimistes, il leur fallait toutefois trouver une raison de réduire leurs investissements.
Saoudiens, Russes et or noir, c’est toute une histoire !
Samedi dernier, alors que la plupart des gens passaient du bon temps avec leurs familles et leurs amis, l’Arabie Saoudite et la Russie ont fait sauter les quotas de production de pétrole brut sur fond de dispute entre les deux parties.
Des rapports récents suggèrent que la Russie, qui ne fait pas partie de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a refusé de se plier à la demande de l’OPEP visant à réduire la production dans un contexte de contraction de la demande provoquée par l’épidémie de coronavirus.
Les Russes et les Saoudiens n’ayant pas réussi à trouver un accord sur les quotas de production, ces derniers ont décidé de passer outre les restrictions de production mises en place par l’OPEP, de casser le prix du baril de brut et d’inonder le marché avec des millions de barils supplémentaires (chaque jour) malgré l’absence de demande.
Pour faire court, les Saoudiens et les Russes ont eu une passe d’armes et ont dynamité le marché du pétrole à eux seuls en une journée.
Cela étant, le prix du baril de brut était déjà sous pression à cause du coronavirus et de la perspective d’un ralentissement brutal de l’activité économique mondiale (ce qui provoquerait une contraction de la demande en énergie).
Dans ce contexte, la décision des Saoudiens a tout simplement provoqué l’effondrement d’un marché déjà mal en point.
Les rendements obligataires s’effondrent
Lorsque les investisseurs perdent leur sang-froid et ne savent plus où aller, ils achètent des obligations.
Compte tenu de l’incertitude qui entoure l’économie mondiale et des craintes d’une propagation galopante du coronavirus aux États-Unis, les investisseurs se sont tournés vers les bons du Trésor américain, considérés comme de véritables actifs refuge.
La ruée vers les emprunts d’État américain à 10 ans et 30 ans a fait chuter les taux de rendement de ces deux instruments à des niveaux exceptionnellement bas.
Les bons du Trésor à 10 ans offrent désormais un rendement de 0,32% (le taux de rendement n’a jamais été aussi faible !), tandis que les titres à 30 ans offrent une rémunération inférieure à 1%.
Voici ce qu’il vous faut comprendre…
Les investisseurs n’achètent PAS des bons du Trésor pour faire fructifier leur patrimoine, pour épargner pour leur retraite ou pour payer les frais d’université de leurs enfants.
Les investisseurs achètent des obligations à 10 ans et 30 ans car ils sont saisis d’une peur irrationnelle.
Prendre du recul
Je sais que c’est effrayant de voir le S&P plonger de 6% ou 7% en une seule journée.
Mais c’est dans ce genre de situations qu’il est possible de réaliser de bons coups !
Les 1% des meilleurs investisseurs investissent toute l’année, mais c’est lors d’épisodes comme celui-ci, lorsque les cours des actions s’effondrent, que les investisseurs les plus prospères font leurs emplettes.
Il n’est pas exclu que je vous envoie, le cas échéant, des recommandations actualisées. Mais pour l’instant, je veux que vous vous détendiez.
Ce n’est pas la fin du monde.
Les marchés actions ne sont pas en train de s’effondrer.
Et, surtout, les grandes entreprises nationales et internationales ne vont pas passer à trépas.
Il est rare d’assister à des cataclysmes boursiers. Mais lorsque cela se produit, il convient de saisir cette opportunité à bras ouverts, et non pas avec la peur au ventre.
Bien à vous,
James Altucher
Rédacteur en Chef

