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Mise à jour du portefeuille : la crise des IPO

Par 2 octobre 2019octobre 23rd, 2022Alertes, LMA Alertes

James AltucherCher lecteur de Top 1% Altucher,

Énormément de choses ont changé ces 20 dernières années.

Les téléphones portables n’ont plus la taille d’une brique, et la technologie que contient le téléphone le moins cher est à des années-lumière de ce qui existait en 1999.

Les voitures ont un meilleur rendement énergétique, et les options des modèles les plus bas de gamme sont sensationnelles, si l’on considère qu’en 1999 le verrouillage centralisé des portes et les vitres électriques étaient un luxe.

Et au lieu de prendre la voiture pour aller voir un film, le vendredi, on navigue sur Amazon Prime ou Netflix pour regarder tous les films possibles et imaginables.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’au cours de ces 20 dernières années, d’incroyables avancées ont été accomplies, dans tout ce qui va des choses essentielles aux luxes du quotidien dont on peut se passer.

Mais savez-vous ce qui n’a pas changé, au cours de ces 20 dernières années ? La nature humaine.

La course aux gains de la révolution Internet

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, les investisseurs se sont précipités sur toutes les introductions en Bourse (IPO) liées à Internet, en quête de performances, et les cours ont atteint des sommets.

Les gens de CNBC – dont certains sont encore là – se sont basés sur un ratio cours/nombre de clics (« price-to-eyeballs ratio« ) pour justifier les évaluations ridicules attribuées à tout et n’importe quoi, de TheGlobe à Pets.com en passant par Webvan et eToys.com.

Voyez-vous, au début de la révolution Internet, les sociétés entraient en Bourse dès qu’elles avaient une stratégie à peu près au point, et une banque d’investissement prête à les aider à lever des fonds. Et comme les investisseurs ne voulaient pas passer à côté des prochains Yahoo!, Netscape ou Amazon, des traders hyperactifs couraient après toutes les IPO liées aux technologies dès le premier jour de cotation.

L’avidité et la peur étaient de puissants moteurs. Et lorsqu’elles prennent le pas, elles peuvent même pousser de brillants investisseurs à faire des bêtises.

À la fin des années 1990, les investisseurs avaient si peur de rater la prochaine grande opportunité qu’ils se précipitaient sur toute IPO arborant le « packaging » technologique approprié.

Et plus les évaluations de ces entreprises n’ayant pas fait leurs preuves flambaient, plus les investisseurs sont devenus avides. Trop effrayés pour vendre, de peur de rater une hausse qui allait forcément se produire les semaines suivantes.

Bon, vous savez comment cette histoire s’est terminée. Au printemps 2000, le marché des technologies s’est effondré. Et tout ce qui était lié de près ou de loin à Internet, ou aux technologies en général, s’est effondré.

Or en ce moment, certains investisseurs observent le cours des actions et pensent que nous sommes face à une bulle.

Mais si l’on se base sur les ratios cours/bénéfices moyens, les actions sont loin d’être aussi chères qu’en 1999 et 2000.

Mais il y a bien une bulle, et elle gonfle sous nos yeux en ce moment même.

On éclate la bulle du private equity

Au cours de ces derniers mois, nous avons assisté à l’introduction en Bourse d’entreprises telles que Lyft, Uber, CrowdStrike, Slack, et Chewy, très prisées du secteur du capital-investissement (private equity).

Et jeudi dernier encore, Peloton a fait ses débuts en Bourse avec une capitalisation boursière de 7,7 Mds$.

Bon, savez-vous ce que toutes ces sociétés ont en commun ? Leur cours est calamiteux, depuis leur introduction en Bourse. Tous ceux qui ont investi dès le premier jour de cotation dans ces introductions en Bourse très médiatisées y ont laissé leur chemise !

Uber a perdu 25% par rapport à sa cotation initiale. Slack s’est effondré de plus de 40%. Et Lyft a fait un mauvais plongeon de 52%, par rapport au cours affiché à sa première ouverture de séance, le 29 mars 2019.

Permettez-moi de vous expliquer comment le marché en est arrivé là.

Les investisseurs du secteur du private equity se sont rendu compte il y a plusieurs années qu’ils pouvaient augmenter les rendements de leurs investissements de façon spectaculaire en maintenant le plus longtemps possible hors des marchés boursiers les entreprises dans lesquelles ils détenaient des participations.

Et donc, pour ne pas voir des sociétés telles que Slack ou Uber débarquer en Bourse avec une évaluation de 500 M$ ou 1 Md$, les mystérieux acteurs de la Silicon Valley ont aidé les entreprises de leurs portefeuilles à se développer en mastodontes de plusieurs milliards de dollars, et tout cela avant que les investisseurs lambda aient une chance d’y investir.

À titre de comparaison, lors de son introduction en Bourse en 1997, Amazon était évalué aux alentours des 700 M$. Et Yahoo! est entré en Bourse avec une évaluation d’environ 500 M$.

En revanche, à l’heure actuelle, les investisseurs du private equity de la Silicon Valley font débarquer en Bourse leurs sociétés avec des évaluations ridiculement élevées.

Mais le secteur du private equity est devenu avide. Il a trop attendu pour introduire en Bourse certaines de ses sociétés les plus médiatisées, dont il a tenté de vendre les actions au grand public à un cours exagérément élevé, et à présent, il paye le prix de son imprudence.

La même avidité mais avec des acteurs différents

À la fin des années 1999, les petits investisseurs se sont laissé gagner par l’avidité. Et lorsque la bulle technologique a éclaté, un grand nombre d’entre eux s’est retrouvé avec un portefeuille d’investissements qui avait perdu sa valeur.

Aujourd’hui, c’est le secteur du private equity – et surtout le private equity ayant investi tardivement dans ces entreprises – qui paye le prix.

Peloton a été introduit sur le Nasdaq jeudi dernier et l’action a immédiatement sombré dans le rouge.

Et en début de mois, l’IPO très attendue de WeWork a été reportée lorsque les investisseurs ont commencé à dédaigner son évaluation ridiculement élevée.

Les investisseurs du secteur du private equity et de la Bourse sont les mêmes.

Ces deux groupes d’investisseurs veulent que leurs investissements leur rapportent beaucoup d’argent.

Mais lorsque l’avidité prend le pas, que les investisseurs perdent le sens des réalités et qu’ils ne se focalisent plus que sur ce sigle du dollar après lequel ils ont pris l’habitude de courir, les choses ont tendance à mal tourner.

Or c’est exactement la situation dans laquelle se trouve le secteur du private equity, en ce moment.

Et voilà pourquoi, à moins que quelque chose de considérable n’ébranle les marchés et ne fasse chuter la valeur de TOUTES les classes d’actifs, certaines IPO très attendues, telles que celles d’Airbnb, Palantir Technologies et Robinhood, ne parviendront probablement pas à décrocher les évaluations qu’elles auraient pu obtenir il y a encore 6 à 12 mois.

Bien à vous,

Signature James Altucher

James Altucher
Rédacteur en Chef