Cher lecteur de Top 1% Altucher,
On a tous des amis avec lesquels on ne parle pas aussi souvent qu’on le souhaiterait, mais lorsque l’occasion se présente, on en profite pour rattraper le temps perdu.
Et cela m’est arrivé récemment.
Un copain avec qui je n’avais pas discuté depuis une éternité m’a appelé, et après avoir pris des nouvelles de la famille, il m’a demandé si je m’étais intéressé au marché actions, ces derniers temps.
Naturellement, j’ai éclaté de rire en lui rappelant que l’une de mes passions consistait à analyser des opportunités d’investissement. Même si la voie vers la véritable fortune est un parcours à long terme, il s’écoule rarement une journée sans que je sache ce qu’il se passe à Wall Street.
Bref, il m’a demandé ce que je pensais des mouvements actuels sur le S&P 500, le Nasdaq et le Russell 2000 des petites capitalisations, et si j’étais inquiet concernant tout ce qui se passait dans le secteur des banques régionales américaines.
Après l’avoir rassuré en disant que toutes les crises finissent par se résorber, voici ce que je lui ai dit…
Un marché sur des charbons ardents
En tant qu’investisseur et trader à long terme, il m’est pratiquement impossible de ne pas être inquiet quand je constate que presque tous les secteurs – en dehors de certains segments des technologies, métaux précieux et revenus fixes – ont l’air bien mal en point.
Le Trésor et la Réserve fédérale semblent avoir perdu le contrôle, ou du moins le respect, de la communauté financière.
Mercredi dernier, Jerome Powell, le président de la Fed, a déclaré ceci aux journalistes :
« Vous avez vu que nous disposions d’outils pour protéger les déposants lorsque l’économie est sérieusement menacée. Les déposants doivent partir du principe que leurs dépôts sont en sécurité. »
Mais pendant que Powell apaisait Wall Street, la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, déclarait ceci, concernant l’augmentation potentielle de la garantie de la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation) pour les dépôts dépassant 250 000 $ :
« Ce n’est pas quelque chose que nous avons étudié ; ce n’est pas quelque chose que nous envisageons. […] Je n’ai ni envisagé ni discuté quoi que ce soit ayant trait à une assurance globale, ou à la garantie d’autres dépôts. »
C’est précisément à cause des commentaires de Yellen que les actions ont chuté à la clôture des marchés, mercredi. Yellen a tenté de revenir sur ses paroles jeudi, mais le mal était fait.
Il y a une crise de confiance à l’égard de nos régulateurs financiers, de nos législateurs et de nos responsables désignés par le gouvernement.
Laissons de côté un instant le leadership contestable du président de la Réserve fédérale et de la secrétaire au Trésor…
Nous savons tous que les banques régionales sont très malmenées, mais avez-vous regardé les grandes banques, les biotechs, la vente au détail, le pétrole ou le gaz ? Et quid des fournisseurs d’eau et d’électricité (utilities) et des REIT ? Même les secteurs de la santé, des biens non essentiels et des matériaux sont en difficulté.
Même si les investisseurs ne s’en rendent pas compte, nous évoluons sur un marché actions qui se contracte rapidement, où seules quelques valeurs technologiques à forte capitalisation et deux ou trois secteurs vigoureux empêchent les principaux indices boursiers de s’effondrer vers leurs plus bas d’octobre 2022.
Sur un marché qui se contracte, les traders courent le risque de tous se précipiter sur quelques valeurs et secteurs populaires, puis de voir leurs gains s’envoler et leurs pertes grandir lorsque tout le monde se précipitera vers la sortie sans raison apparente.
Mais cette raison, bien entendu, c’est que lorsque le marché se contracte ou s’affaiblit, la plupart des actions finissent par se faire malmener.
Le début de la fin du marché baissier
À ce stade, vous pensez peut-être que mon copain a raccroché en paniquant totalement. Mais rien n’est moins vrai.
Comme je le lui ai rappelé, et comme je l’ai écrit à de multiples reprises, nous sommes au début de la fin du marché baissier actuel.
Des opportunités se manifestent peu à peu, et même si les conditions de crédit sont resserrées (et se resserrent encore) et que s’endetter est devenu plus coûteux, les entreprises ont entrepris la tâche difficile de dégraisser leurs effectifs, de réduire leurs budgets et de se recentrer sur leurs meilleurs segments d’activité.
J’investis dans des entreprises cotées ou non depuis plusieurs décennies, et je ne le répèterai jamais assez… Le moment idéal, pour identifier des opportunités, c’est en période de marchés baissiers. Et c’est ce que mon équipe et moi nous faisons chaque jour.
Je continue d’établir une liste d’entreprises que j’aimerais que vous déteniez à long terme. Mais je ne vous recommande pas de vous précipiter pour placer de l’argent tant que je n’aurai pas constaté que le paysage bancaire, financier et économique s’est stabilisé.
Heureusement, nous sommes bien plus proches de la fin de ce marché baissier que de son début.
Et cela veut dire que nous nous rapprochons plus que jamais du prochain super marché haussier !
Bien cordialement,
James Altucher

