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On n’a rien sans rien : restez concentré sur le long terme

Par 14 mai 2021octobre 23rd, 2022Alertes, LMA Alertes

James AltucherCher lecteur de Top 1% Altucher,

Les derniers mois ont été douloureux pour les valeurs de croissance. Vous le savez, je le sais et les médias nous le rabâchent à longueur de page.

J’aimerais quand même partager avec vous une histoire que personne n’ira évoquer sur CNBC ou Bloomberg.

A la base, elle concerne une seule action, Monster Beverage (MNST), mais le message s’applique à tout investisseur de long terme impliqué dans la gestion d’un portefeuille diversifié d’entreprises en croissance rapide.

Début 2016, l’excellent rédacteur financier Morgan Housel (qui travaillait alors pour la lettre d’investissement The Motley Fool) a écrit un article intitulé : « La souffrance des rendements élevés ». Dans son article, Morgan insistait sur ce point précis (c’est moi qui souligne) :

« Monster Beverage a été le titre le plus performant de 1995 à 2015. La valeur a augmenté de 105 000%, transformant 10 000 $ en plus de 10 millions de dollars. Mais la vérité, c’est qu’avoir Monster en portefeuille a été un véritable cauchemar au cours des 20 dernières années. La valeur a enregistré des cours inférieurs à son précédent sommet historique sur 94% des séances de cette période. En moyenne, son action était 26% inférieure à son plus haut des deux années précédentes. Elle a subi quatre chutes distinctes de 50% ou plus. Elle a perdu plus des deux tiers de sa valeur deux fois et, à une occasion, plus des trois quarts de sa valeur. C’est ainsi que fonctionne le marché boursier. »

Réfléchissez-y une minute.

Qui ne voudrait pas transformer 10 000 € en 10 millions ? On signerait tous un tel deal !

Mais si vous regardez vos investissements en vous lamentant sur les déclins actuels de 30%, 40% ou même 50%, est-il vraiment réaliste de penser que vous pouvez résister à la volatilité et à la douleur nécessaires pour concrétiser un gagnant à 105 000% ?

Je ne jette la pierre à personne.

C’est à chacun d’entre nous de décider la quantité de volatilité que nous sommes prêts à supporter. Mais que cela nous plaise ou non, le marché ne laisse pas les actions passer en ligne droite du coin inférieur gauche du graphique au coin supérieur droit. Les accidents, les faux pas et les erreurs de direction sont inévitables en chemin.

Si vous voulez encaisser un gain massif à quatre, cinq ou même six chiffres, il ne faut pas laisser tomber vos positions durant les périodes de turbulences boursières.

Voici ce que Charlie Munger, le partenaire de Warren Buffett, a déclaré au sujet des reculs de portefeuille :

« Si vous n’êtes pas prêt à réagir avec sérénité à une baisse des cours de 50% deux ou trois fois par siècle, vous n’êtes pas fait pour être actionnaire, et vous méritez le résultat médiocre que vous obtiendrez par rapport à ceux qui ont le bon tempérament, qui peuvent se montrer plus philosophes face à ces fluctuations du marché. »

Le fait est que l’on observe des déclins de 50% bien plus fréquemment que deux à trois fois par siècle ; c’est principalement dû aux conséquences du trading automatique et d’un monde désormais numérique. Avec les ordinateurs, tout va plus vite.

Le résultat, en revanche, reste le même : si vous voulez engranger des rendements supérieurs, vous devez ôter vos œillères et envisager l’ensemble du tableau. Cela vous demandera de rester investi durant des reculs difficiles, qui durent souvent bien plus longtemps que vous l’auriez voulu. 

D’après mon expérience, la plupart des investisseurs commencent à paniquer lorsque leur placement perd 25%. Arrivés à 40% de perte, la panique s’est installée, les investisseurs sont en mode « déni total » et ils sont prêts à vendre à la première personne qui se présente ! C’est ainsi que se forment les plus bas boursiers.

Or notre résistance est mise à l’épreuve en ce moment même, avec l’une des positions de notre portefeuille modèle…

Fastly : qu’est-ce que l’industrie financière ne voit pas ?

Fastly (FSLY) a publié ses résultats mercredi dernier. En dépit de l’envolée du nombre de clients et d’une hausse des estimations de revenus sur l’année pleine, l’industrie financière s’est débarrassée de la valeur.

Pourquoi les pros ont-ils abandonné Fastly ? C’est très simple. Parce que les analystes se soucient plus des résultats de court terme, trimestriels… et parce que le directeur financier s’en va.

Certes, Fastly a manqué de peu son objectif de revenus trimestriels et de bénéfice par action (BPA), et a réduit ses prévisions de revenus et de BPA pour le prochain trimestre.

Mais j’insiste : l’entreprise AUGMENTE le BPA sur l’année ainsi que ses perspectives de revenus. En tant qu’investisseur de long terme, vous vous intéressez plus aux chiffres annuels qu’aux chiffres trimestriels, souvent volatils.

En ce qui concerne les chiffres auxiliaires, l’expansion nette en dollars était de 139%, ce qui indique une rétention et une croissance MASSIVES de la base clients actuelle.

Quant au nombre d’entreprises clientes de la société, il est passé de 324 au T4 2020 à 336 au T1 2021.

Le nombre total de clients a également augmenté, passant de 2 084 au T4 2020 à 2 207 à la fin du T1 2021.

En deux mots…

La communauté des analystes a abandonné Fastly pour l’instant, mais je n’ai pas l’intention de les imiter. Je suis convaincu que le cloud et l’informatique en périphérie (edge computing) sont l’avenir, et Fastly reste l’un des meilleurs moyens de capitaliser sur cette avancée technologique.

Ainsi, si vous avez assez de cœur au ventre pour supporter la volatilité, je vous conseille vivement de renforcer progressivement votre position, car les prix situés dans le canal 30 $-40 $ auront sans doute constitué d’excellents points d’entrée lorsque nous prendrons des nouvelles de cet investissement, dans trois ou quatre ans.

Mon conseil :

Achetez des actions Fastly Inc. (FSLY) sur repli jusqu’à 40 $.

Bien à vous,

Signature James Altucher

James Altucher