
La semaine dernière s’est tenu à Lille le Forum international de la cybersécurité (FIC). Il fut l’occasion pour les grandes entreprises, les pouvoirs publics, les assureurs et les acteurs de la cybersécurité de se retrouver pour saisir à bras le corps cette problématique.
Il faut dire que le temps presse. Plus une semaine ne se passe sans qu’une entreprise ne subisse une cyberattaque d’envergure. Dans la plupart des cas, il s’agit d’attaques par rançongiciels lors desquelles les pirates volent des données et ne les restituent qu’après le paiement d’une rançon (elle peut se compter en dizaines de millions de dollars). L’attaque la plus médiatique étant certainement celle subie début juillet par Kaseya, pour laquelle les pirates réclamaient 70 M$.
Ce qui inquiète le plus les professionnels est l’industrialisation de cette criminalité. Les outils permettant une intrusion dans un système informatique sont de plus en plus faciles à acheter, même pour des informaticiens non experts en cybersécurité.
Qu’il s’agisse de mener une attaque de phishing (usurpation d’identité), de profiter des failles des logiciels installés ou des systèmes d’exploitation, acheter un logiciel de rançon prêt à l’emploi sur le darknet n’a jamais été aussi simple. Ne négligeant aucune source de profits, les pirates se sont même mis aux nouveaux modèles d’affaires : il est désormais possible de mandater une attaque à un prestataire sous forme de SaaS (Software as a Service).
Etre un pirate n’a jamais été aussi simple
Résultat des courses, les attaques sont de plus en plus fréquentes, et de plus en plus standardisées. Le logiciel REvil, par exemple, a été utilisé massivement en début d’année. Le fabricant d’ordinateur Acer, le fournisseur d’Apple, Quanta Computer, pas moins de quatre filiales asiatiques d’Axa et sans doute de nombreux inconnus furent victimes de ce rançongiciel particulièrement efficace.
Grisés par le succès, ses utilisateurs allèrent trop loin en attaquant Kaseya. Selon les rumeurs, Joe Biden s’est alors personnellement emparé du dossier, prenant directement contact avec Vladimir Poutine. Quelques jours plus tard, les infrastructures de REvil disparaissaient de la toile et une clé publique (et gratuite) permettant de récupérer les données apparaissait miraculeusement.
Certains ont vu dans cette improbable succession d’événements la preuve que le logiciel malveillant avait été sinon commandité, du moins activement soutenu par Moscou. Si cette hypothèse ne pourra jamais être confirmée ni infirmée, il n’en reste pas moins certain que le rôle des Etats dans la cybersécurité est prépondérant. En France, le gouvernement a profité du salon de Lille pour annoncer son soutien à la filière.
La France veut plus d’entrepreneurs dans la cybersécurité
En début d’année, la France avait provisionné 1 Md€ pour aider les industriels à sécuriser leurs réseaux et mettre en place des bonnes pratiques informatiques. La semaine dernière, le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O a précisé les aides à l’innovation destinées aux entrepreneurs du secteur.
Dans le cadre des 275 M€ du plan de relance post-COVID, une enveloppe de 53 M€ sera allouée pour financer des entreprises sous forme d’appel à projets. Près de la moitié sera dédiée au financement du développement de nouvelles technologies de chiffrement, de sécurisation d’événements et de protection du télétravail, dont la généralisation a ouvert de nombreuses brèches dans les réseaux informatiques.
Plus de 20 M€ seront réservés aux projets collaboratifs et à la création d’un « totem » qui doit inciter grandes entreprises, établissements d’enseignement supérieur et futures startups de la cybersécurité à se retrouver dans un lieu commun. L’objectif est de créer, sur le cyber-campus de La Défense, un environnement favorable pour faire naître des licornes de la cybersécurité en leur permettant d’avoir accès aux dernières technologies, à des clients industriels et à de nouveaux talents sous forme d’ingénieurs et de docteurs spécialement formés.
Enfin, l’Etat prévoit la création d’une plateforme partagée entre les grands noms du secteur pour centraliser les connaissances sur les caractéristiques des attaques. Cela permettra de mettre fin au phénomène actuel de standardisation des logiciels qui, une fois leur protocole néfaste conçu et programmé, peuvent être réutilisés toujours plus facilement.
Pour Cédric O, ces nouvelles mesures doivent concourir d’ici à 2025 à tripler le chiffre d’affaires du secteur et à doubler ses effectifs. Alors qu’un nouvel acteur français, Exclusive Networks, devrait bientôt rejoindre la Bourse de Paris, nos big caps de la cybersécurité restent des références incontournables pour les entreprises qui veulent sécuriser leur réseau informatique.
Atos semble d’ailleurs avoir trouvé un point bas cet été, amorçant dessus un rebond de 14,8 % depuis son plus-bas du 5 août. Avec une capitalisation de moins de 5 Mds€ et un ratio Valorisation/CA de 0,44 (contre 2,02 pour son rival Capgemini), la valeur est près de cinq fois moins chère que son principal concurrent.
MON CONSEIL
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Avalanche de bonnes nouvelles pour Voltalia
Notre spécialiste de la production d’électricité à base d’énergies renouvelables n’a pas chômé cet été. L’entreprise a annoncé la construction prochaine de 17 unités photovoltaïques au Brésil. Sous la houlette de sa filiale Helexia, elle va produire 60 MW destinés aux réseaux brésiliens de téléphonie mobile Vivo (une marque de Telefonica). Confiante dans sa capacité à faire sortir de terre rapidement ces nouvelles capacités de production, Voltalia a annoncé une mise en service dès le premier semestre 2022.
Cette annonce est pourtant peu de chose face au lancement de la construction des nouvelles tranches SSM1 et SSM2, le plus grand projet du groupe. Avec une capacité revue à la hausse, le projet devrait maintenant atteindre les 320 MW. Lors de l’annonce, le Sébastien Clerc rappelait l’incroyable évolution du site : « Le projet solaire SSM1&2 est adossé à cinq contrats long terme de vente d’électricité dont la durée moyenne atteint 16 ans pour une capacité totale de 320 mégawatts. Initialement d’une capacité de 32 mégawatts, la taille du projet a été décuplée grâce à de nouveaux contrats à long terme signés avec une série d’acheteurs, dont un Corporate PPA2 avec Braskem, une société pétrochimique, et un PPA de service public avec Copel. »
Le nom de Copel vous dira peut-être quelque chose, puisqu’il s’agit de l’entreprise qui a racheté les parcs éoliens de VSM2 et VSM4 développés et construits par Voltalia au printemps.
Ces bonnes nouvelles opérationnelles surviennent alors que les comptes sont, eux-aussi, orientés de façon favorable. Au deuxième trimestre, les revenus consolidés de Voltalia se sont élevés à 87,0 M€, en hausse de 68 % à taux de change courants et de 73 % à taux de change constants. A l’occasion de la publication des résultats, la direction a confirmé ses objectifs de court et long termes. Cette année, l’EBITDA devrait atteindre les 170 M€. D’ici deux ans, le parc en construction ou en exploitation devrait atteindre une puissance de 2,6 GW, et l’EBITDA quasiment doubler pour s’inscrire dans une fourchette comprise entre 275 M€ et 300 M€.
MON CONSEIL
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Bons investissements,
Etienne Henri
NewTech Insider Europe
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