
Nos pépites technologiques européennes ont publié leurs résultats trimestriels, et le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont particulièrement bons.
Non seulement les résultats comptables sont encourageants, mais les fondamentaux de nos entreprises sont eux aussi orientés vers la croissance.
Voltalia se renforce dans le B2C et affiche une santé rayonnante
Commençons notre tour d’horizon par Voltalia (EPA : VLTSA), dont l’actualité est des plus riches. L’énergéticien spécialisé dans les énergies renouvelables a signé un partenariat avec Leroy Merlin pour lancer un service complet d’installation de panneaux solaires à destination des particuliers.
Profitant de la force de frappe commerciale et du maillage territorial du distributeur, l’offre de Voltalia comprend un outil de simulation qui permet d’évaluer le besoin, dimensionner la puissance à installer et déterminer le taux d’autoconsommation (part de l’électricité produite qui sera consommée sur place au lieu d’être injectée dans le réseau).
Cette simulation numérique est ensuite complétée par un rendez-vous en visioconférence avec un spécialiste et une visite de terrain pour valider les données techniques. L’offre débute à partir de 8 290 € TTC, avec une prime à l’autoconsommation de 1 140 € à déduire. Pour rassurer les consommateurs, les composants actifs (panneaux solaires, onduleurs) seront garantis 12 ans et le système de montage 20 ans. Ce nouveau service vient compléter la vente de produits physiques : depuis un peu plus d’un an, Voltalia commercialisait en effet des kits dédiés à l’autoconsommation dans les points de vente de Leroy Merlin.
Ce renforcement de l’activité B2C vient compléter le déluge de bonnes nouvelles dans le B2B. En France, l’entreprise a remporté l’appel d’offres national lancé par le ministère de la Transition écologique pour le projet du parc solaire de Montclar (Alpes-de-Haute-Provence). Avec 8 600 panneaux photovoltaïques, la centrale aura une puissance de 3,75 MW et permettra d’alimenter plus de 2 500 habitants.
Plus conséquent encore, le projet anglais South Farm qui vise à alimenter en électricité verte la City de Londres commence à sortir de terre. La future centrale, dont la puissance atteindra les 49,9 MW, fournira l’électricité au bien connu quartier des affaires anglais. Ce contrat se distingue non seulement par sa taille, mais aussi par ses modalités commerciales. L’achat d’énergie propre a été négocié pour une durée de 15 ans à un prix indépendant des variations du marché de l’électricité. Alors que le Royaume-Uni fait face à une pénurie d’énergie inédite, le modèle de Voltalia ne pourra que prouver sa pertinence auprès des pouvoirs publics. Non seulement l’électricité produite ne dépend pas des approvisionnements en gaz naturel mais, en plus, elle joue un rôle stabilisateur pour le prix spot de l’électricité, qui a atteint brièvement les 2 500 £/MWh à la rentrée (contre un prix normal de 50£/MWh).
Déjà, les résultats de Voltalia illustrent la pertinence de son positionnement. Sur le premier semestre, les comptes consolidés font état d’un chiffre d’affaires de 152,1 M€, en progression de +72 % sur un an. L’EBITDA atteint les 34 M€, en hausse de +44 % sur un an, et devrait progresser fortement au second semestre pour atteindre les 170 M€.
Au troisième trimestre, les choses se sont encore accélérées. L’entreprise a franchi le seuil des 100 M€ de chiffre d’affaires trimestriel, portée par une production record de 1 300 GWh qui lui a permis d’augmenter ses ventes d’énergie de +47 % sur un an.
Au niveau des services au tiers (construction, fourniture d’équipements, maintenance), la hausse est encore plus impressionnante puisqu’elle atteint les +120 % par rapport à 2020. Toutes branches confondues, l’activité globale de l’entreprise est en hausse de +68 % sur un an.
La dynamique de croissance exponentielle de tous les indicateurs se confirme, et les objectifs ambitieux de la direction pour les prochains exercices sont de plus en plus crédibles. Un jour ou l’autre, les cours suivront.
MON CONSEIL
Achetez Voltalia (FR0011995588 – EPA : VLTSA) sous les 25 €.
Albioma, résilience et croissance
Toujours dans le secteur des énergies renouvelables, Albioma (EPA : ABIO), spécialisée dans la production d’électricité à base de biomasse, a elle aussi connu un très bon semestre. Son chiffre d’affaires a progressé de +19 % sur un an, ce qui porte la hausse sur les neufs premiers mois de l’année à +11 %.
La croissance a été portée par la conversion à la biomasse de la centrale ALM3 (Guadeloupe) et par la hausse de la production au Brésil qui s’envole de +38 % sur un an. Contrairement à de nombreux producteurs d’électricité opérant des centrales à flamme, Albioma n’a pas souffert de la hausse du prix des combustibles. L’entreprise a en effet signé avec la majorité de ses clients des contrats qui indexent le prix de l’électricité produite sur celui des matières premières. Elle évite ainsi de se retrouver prise en porte-à-faux entre des coûts d’approvisionnement qui explosent et des prix de vente fixes. Son modèle d’affaires apparaît donc particulièrement résilient en cette période de forte volatilité des prix de l’énergie.
Avec un chiffre d’affaires encaissé depuis le 1er janvier qui dépasse les 417 M€, la direction confirme ses objectifs d’EBITDA 2021 entre 206 M€ et 216 M€, et de résultat net part du groupe entre 53 M€ et 59 M€.
MON CONSEIL
Achetez Albioma (FR0000060402 – EPA : ABIO) sous les 47 €.
ASM International dans une croissance folle
Les nouvelles sont tout aussi bonnes dans le monde du semi-conducteur. L’équipementier néerlandais de semi-conducteurs ASM International (AMS : ASM) a déclaré qu’il s’attendait à ce que ses marges brutes atteignent 46/50 % entre 2021 et 2025 grâce à ses puces de nouvelle génération. Après un deuxième trimestre d’anthologie, le groupe a publié des résultats au titre du troisième trimestre toujours aussi solides.
Dépassant les prévisions des analystes, le chiffre d’affaires a dépassé les 432 M€ (contre 427 M€ attendus), en hausse de +37 % sur un an. Le résultat net dépasse lui aussi le consensus, s’établissant à 132 M€, en hausse de +155 % sur un an. Il atteint ainsi les 2,69 € par titre là où le consensus, pourtant optimiste, ne tablait « que » sur 2,19 €.
Signe que le grand cycle haussier du semi-conducteur ne fait que débuter, les prises de commandes ont elles aussi battu tous les records. Sur le trimestre échu, elles ont atteint les 624 M€, soit plus du double de celles enregistrées à la même période l’an passé (303 M€).
La hausse continue du carnet de commandes laisse présager une croissance tout aussi soutenue de l’activité. Pour Benjamin Loh, Directeur Général, « les inflexions clés dans les dispositifs à semi-conducteurs de prochaine génération, tels que les architectures 3D complexes et les nouveaux matériaux, devraient entraîner une croissance à deux chiffres sur les marchés clés d’ASM« .
Fort naturellement, le titre s’envole bien au-dessus de notre cours d’achat recommandé.
MON CONSEIL
Conservez ASM International (NL0000334118 – AMS : ASM)
Si vous venez de nous rejoindre et souhaitez vous positionner sur le secteur du semi-conducteur pour profiter de la pénurie de composants, je vous suggère plutôt de vous positionner sur BE Semiconductor (AMS : BESI) que je vous ai présenté dans le dernier numéro.
Pourquoi suis-je si optimiste sur BESI ?
Voici deux semaines, j’ai reçu ce message :
« Bonjour Étienne,
La lecture du numéro 10 de NTF a soulevé tout mon intérêt ainsi qu’un énorme questionnement : sans vouloir remettre en question la qualité de vos analyses ni votre expérience, je me permets toutefois de vous challenger sur le fond sur BESI et son potentiel x10 en deux ans, annonce qui ressemble davantage à un positionnement qu’une hypothèse étayée.
En effet, un potentiel x10 en deux ans, constitue une performance hors normes et pas un ‘simple +40 % ou +70 %’ […] J’avais retenu de votre présentation d’introduction de la prestation NTF que vous étiez présent aussi beaucoup sur le terrain, dans les usines, etc., prompt à observer en direct les tendances quand elles commencent à se concrétiser in real life. Avez-vous des explications complémentaires, des informations concrètes de première main pour expliquer comment les marchés, clients, production et C.A. de BESI pourraient autant progresser, et fonder un trend de nature à concrétiser une telle performance du cours de Bourse ? » – Terence
Votre question est tout à fait pertinente ! Comme vous vous en doutez, le potentiel de x10 en deux ans n’a rien d’une promesse de performance, mais est un point de référence pour notre thèse d’investissement.
Ce chiffre s’atteint (et se dépasse même) si l’entreprise poursuit sa croissance sur deux exercices et que son multiple de valorisation rattrape celui de ses pairs. Je passe rapidement sur la question des multiples de valorisation, qui dépendent de l’humeur des opérateurs et de la visibilité de l’entreprise. A ce stade, il est normal que BESI soit moins visible que, par exemple, ASM International… mais peu d’entreprises – même technologiques – vont avoir une croissance aussi forte cette année et il serait naturel qu’elle soit de plus en plus visible des analystes. Après tout, bien peu d’investisseurs connaissaient TSMC ou ASML il n’y a ne serait-ce que deux ans de ça… N’oublions pas le potentiel suiveur des marchés : nous avons avec BESI une pépite encore méconnue au potentiel « médiatique » encore inexploité.
Pour ce qui est des fondamentaux et de la possibilité de croissance naturelle de l’activité, je suis très haussier. C’est ce qui m’a conduit à prendre cette hypothèse de travail de croissance de l’activité durant encore au moins deux exercices. Je vous confirme que, au sein de mon réseau dans le semi-conducteur, tous les voyants sont verts pour l’activité commerciale. J’ai eu l’occasion de participer à un échange il y a quelques jours avec des responsables RH et un responsable de production d’un grand acteur du semi français.
Le débat, surréaliste, a porté sur les difficultés majeures rencontrées d’ici la fin d’année : les cadres n’arrivaient pas à savoir si le plus gros obstacle pour la croissance était le manque de talents disponibles en Europe ou la difficulté de trouver des mètres carrés pour installer de nouvelles lignes de production en salle blanche. Ce type de problèmes est un bon problème, et confirme que le cycle haussier chez les équipementiers n’en est qu’à ses débuts. Il faut garder à l’esprit que, si les investisseurs avertis sont déjà au courant de la crise du semi-conducteur depuis des mois, les vrais investissements des producteurs de puces commencent à peine à se matérialiser. Pour les fournisseurs comme BESI, les carnets de commandes sont encore en phase de remplissage et le chiffre d’affaires commence tout juste à augmenter.
Les résultats du troisième trimestre, sortis il y a quelques jours, confirment la tendance : CA +92 % YoY, résultat net +147 % YoY. L’activité se maintient au même niveau qu’en début d’année (alors que certains la pensaient déjà exceptionnelle et non durable) et la marge brute reste au-dessus des 60 %, en ligne avec les plus grandes enseignes de luxe malgré la technicité de ses produits. Même son de cloche au niveau des commandes, qui augmentent de +120 % par rapport à l’année dernière : la fusée BESI ne manque pas de carburant pour continuer sa hausse !
MON CONSEIL
Vous pouvez acheter BE Semiconductor (NL0012866412 – AMS : BESI)
sur repli sous les 80 €.
Bons investissements,
Etienne Henri
NewTech Insider Europe
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