
Un cap symbolique a été franchi dans un silence médiatique assourdissant, tant nous étions focalisés sur les questions sanitaires.
En 2020, la part des énergies renouvelables (EnR) dans la production d’électricité en Europe a dépassé celle des combustibles fossiles. Selon une étude publiée par Ember, le Vieux Continent a produit l’année dernière 38 % de son électricité à base de sources renouvelables, contre 37 % au moyen de sources primaires fossiles (gaz, pétrole, charbon).
La même tendance se retrouve en France, terreau du nucléaire où l’implantation de nouvelles capacités de production intermittente n’est pas nécessairement une évidence. Selon un rapport conjoint publié par le Syndicat des énergies renouvelables (SNR), RTE et Enedis, « les énergies renouvelables ont participé à hauteur de 26,9 % à la couverture de la consommation d’électricité de France métropolitaine au cours de l’année 2020 ».
La progression est significative puisqu’elle est de près de quatre points par rapport à 2019, année durant laquelle les EnR n’étaient à l’origine que de 23,1 % de notre électricité, et ces chiffres doivent encore être considérés à l’aune de la situation sanitaire.
Comme vous le savez, notre activité économique a brutalement chuté au cours des douze derniers mois. Ceci s’est, bien évidemment, ressenti sur notre utilisation d’énergie et en particulier d’électricité. De fait, la consommation d’électricité a subi l’année dernière une baisse historique de -3,5 % par rapport à 2019, après correction des variations météorologiques, pour se stabiliser à 460 TWh.
La production totale a elle aussi subi une baisse colossale puisqu’elle s’est contractée de -7 % à 500 TWh, un niveau qui n’avait plus été vu depuis plus de vingt ans.
C’est dans ce tableau apocalyptique pour les énergéticiens que le parcours à contre-courant des EnR prend toute sa signification. Tandis que l’activité des centrales électriques classiques était en berne, les sources renouvelables se sont payé le luxe d’augmenter leur production. Cette dernière a dépassé les 120 TWh, soit une hausse de plus de 10 % par rapport à 2019.
Chute historique d’un côté, hausse historique de l’autre : l’effet ciseaux a fait le reste et explique la progression de la part de marché des EnR.
En parallèle, la puissance totale du parc renouvelable a continué de croître pour atteindre les 55,9 GW (+2 GW sur l’année). L’éolien a représenté 54 % des nouvelles capacités installées, et le solaire 40 %.
Attendez-vous à des OPA dans le secteur
Tout récemment, nous apprenions que Total s’est engagé sur un quasi-doublement de sa production d’électricité propre aux Etats-Unis. En ajoutant plus de 2 GW de centrales à ses installations existantes, le pétrolier (qui ne méritera bientôt plus cette appellation) va porter à plus de 4 GW la puissance de son parc de renouvelables aux USA.
Pour y parvenir, le groupe a procédé au rachat de capacités de production détenues par SunChase Power et MAP RE/ES (une société d’investissement dans l’énergie). Malgré l’ampleur de la transaction, il ne s’agira certainement pas d’un coup d’éclat isolé : les objectifs de Total pour les prochaines années sont encore plus ambitieux.
Le groupe a confirmé, en début d’année, son projet de devenir « zéro carbone » d’ici à 2050. Pour y parvenir, il prévoit de se construire un portefeuille d’énergies renouvelables représentant 40 % de son chiffre d’affaires à cette date. A titre de comparaison, l’énergéticien dispose aujourd’hui d’une capacité de production électrique de 12 GW, dont près de 7 GW sont assurés par des sources renouvelables. Ce ratio de 58 %, qui le place déjà parmi les bons élèves de la transition énergétique, va encore augmenter puisque l’objectif annoncé est d’atteindre les 35 GW de production verte, et ce d’ici à 2025.
Il s’agit d’un transfert de richesse sans précédent des poches des vieux énergéticiens vers les jeunes pousses du secteur. Nos pépites françaises, Albioma (ABIO) et Voltalia (VLTSA), seront aux premières loges pour en profiter. La première a d’ores et déjà confirmé mi-mars que l’année 2020 était un cru exceptionnel, et la seconde lui a emboîté le pas cette semaine.
L’année dernière, Voltalia a vu son activité s’envoler comme jamais. Son chiffre d’affaires a dépassé les 233 M€, en hausse de près d’un tiers par rapport à 2019. Effet ciseaux oblige, la hausse de l’activité a eu un effet décuplé sur le résultat : tandis que le chiffre d’affaires augmentait d’un « petit » 33 % sur un an, le bénéfice net bondissait pour sa part de 71 % ! Cet exercice illustre tout l’intérêt de l’investissement dans les entreprises opérant dans un marché en croissance exponentielle. Même si la production d’énergie fait partie des activités les plus capitalistiques qui soient, une fois les coûts fixes amortis, les résultats grimpent en flèche.
Le futur devrait être encore plus radieux.
Selon les mots de Sébastien Clerc, son directeur général, Voltalia aurait en ce printemps un pipe commercial de 9,7 GW. Pour vous donner un ordre de grandeur, la puissance installée en début d’année venait à peine de dépasser le GW… C’est donc, à court terme, une multiplication de 1 100 % de l’activité de production que nous pouvons anticiper.
Mais Voltalia a un autre atout dans sa manche…
Forte de son expérience de gestion de parc, elle opère également des sites de production pour les tiers. Sa « puissance sous gestion » a atteint, l’année dernière les 2,4 GW, soit une hausse de +400 % en un an. Cette activité de service, bien moins gourmande en investissements, peut s’avérer un relais de croissance encore plus lucratif dans les prochaines années.
Nous surveillerons avec attention l’évolution de cette activité car elle pourrait bien devenir une véritable corne d’abondance pour l’entreprise qui valorisera, ainsi, son expertise au prix fort tout en profitant des investissements des concurrents.
Mon conseil
A 23 €, le titre reste abordable.
Vous pouvez acheter Voltalia (FR0011995588 – FR : VLTSA) jusqu’à 25,00 €.
Focus sur… ALFOC
La semaine dernière, nous avons également eu des nouvelles de Focus Home (ALFOC), de bonnes nouvelles. Arthur Toce fait le point en vidéo :
Bons investissements,
Etienne Henri
PS : pensez à mettre notre adresse d’expédition ntf@publications-agora.fr dans
votre carnet d’adresses pour éviter que nos envois soient considérés comme indésirables et SPAM.


