Cher lecteur de Top 1% Altucher,
Nouvelle voie, nouvelles connexions
Dans un monde parfait, je vous expliquerais maintenant de quelle manière la psilocybine interagit exactement avec le cerveau humain.
Malheureusement, nous ne sommes pas dans un monde parfait.
En réalité, les chercheurs ne comprennent pas exactement comment fonctionne la psilocybine. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’existe pas de théories sur la question.
Si on plonge dans le grand bain des médicaments psychédéliques, comme je l’ai fait avec mon équipe, on trouve une centaine d’explications différentes sur la manière dont la substance interagit avec le cerveau.
Voici ce que les chercheurs David Nutt, David Erritzoe et Robin Carhart-Harris ont écrit dans leur article, « Psychedelic Psychiatry’s Brave New World » :
« Il est vraisemblable que toutes les pathologies pour lesquelles l’efficacité des drogues psychédéliques a été démontrée partagent une caractéristique commune : ce sont des troubles d’internalisation. Lors d’une dépression, les patients ressassent constamment leurs échecs, répètent des pensées de culpabilité et d’autocritique. Pour ce qui est des addictions, l’objet de l’addiction endosse le rôle des pensées négatives dans la dépression, nourrissant un comportement spécifique, étroit et rigide ; les personnes dépendantes ressassent le soulagement apporté par l’objet, comment l’obtenir, comment le payer, etc. Le raisonnement sous-jacent à l’utilisation de substances psychédéliques dans les TOC et l’anorexie est cohérent, considérant qu’il y a répétition de pensées intrusives, par ex. au sujet de la contamination ou de la mauvaise gestion des calories. Les substances psychédéliques fonctionnent probablement en déréglant l’activité des systèmes et des circuits qui codent ces habitudes de pensées et de comportement, leur permettant de se recalibrer à mesure que les effets les plus aigus des substances s’apaisent. »
J’apprécie l’explication fournie par David Nutt et ses collègues – mais Mendel Kaelen, un chercheur néerlandais du laboratoire impérial, a une manière ingénieuse d’expliquer les effets des substances psychédéliques sur le cerveau.
Voici la métaphore de Mendel telle que décrite dans le livre de Michael Pollan, How to Change Your Mind :
« Imaginez le cerveau comme une colline couverte de neige, et les pensées comme des luges glissant sur cette colline. A mesure qu’une luge après l’autre descend la pente, un certain nombre de pistes principales apparaît dans la neige. Chaque fois qu’une nouvelle luge descend, elle sera attirée vers ces pistes préexistantes, presque comme par un aimant. Ces pistes principales représentent les connexions neuronales les plus utilisées dans votre cerveau – bon nombre d’entre elles passant par défaut dans le réseau. Au fil du temps, il devient de plus en plus difficile de glisser sur une autre piste, ou dans une autre direction.
Imaginez les substances psychédéliques comme un moyen de damer temporairement la neige. Les pistes profondément creusées disparaissent et, soudain, la luge peut aller dans d’autres directions, explorer de nouveaux paysages et ouvrir, littéralement, de nouvelles voies. C’est lorsque la neige est toute fraîche que l’esprit est à son plus impressionnable, et la plus petite poussée – qu’il s’agisse d’une chanson, d’une intention ou de la suggestion d’un thérapeute – peut profondément influencer son futur parcours. »
Si j’en crois les résumés de David Nutt et Mendel Kaelen, une explication simple de la reconfiguration neuronale serait le dérèglement des systèmes et circuits qui soutiennent ou facilitent des pensées et comportements malsains… permettant ainsi la formation de nouvelles voies à mesure que les substances psychédéliques permettent à l’esprit de retrouver un état juvénile et impressionnable.
Une opportunité à plusieurs milliards de dollars
L’inefficacité des antidépresseurs est peut-être le secret le moins bien gardé de la médecine. En fait, plus de 50% des personnes atteintes de dépression n’obtiennent jamais le moindre soulagement grâce aux antidépresseurs.
C’est ce qui rend les recherches sur les substances psychédéliques et les composés comme la psilocybine si intéressantes.
Pour la première fois depuis des décennies, la lumière qu’un dépressif voit se dessiner au bout du tunnel n’est peut-être pas un train qui arrive – mais un rayon d’espoir.
Malheureusement, les recherches sur les substances psychédéliques ne sont pas bon marché.
Les entreprises et les intervenants doivent prendre la mesure des enjeux. Pour juger du potentiel de profit, il faut que les investisseurs comprennent l’immensité de l’opportunité pour la société qui résoudra le problème.
L’étude la plus avancée de Cybine porte sur CYB001. L’entreprise étudie un médicament sublingual à la psilocybine pour le traitement des troubles dépressifs majeurs (TDM).
Selon une étude récemment publiée, intitulée « Charge économique des adultes atteints de troubles dépressifs majeurs aux Etats-Unis » :
« Le nombre d’adultes américains atteints de TDM a augmenté de 12,9%, passant de 15,5 à 17,5 millions entre 2010 et 2018, tandis que la proportion d’adultes atteints de TDM âgés de 18 à 34 ans est passée de 34,6 à 47,5%. Au cours de cette période, la charge économique différentielle des adultes atteints de TDM a augmenté de 37,9%, passant de 236,6 Mds$ à 326,2 Mds$ (valeurs de l’année 2020). Toutes les composantes de la charge économique différentielle ont augmenté (c.-à-d. les coûts directs, les coûts liés au suicide et les coûts liés au lieu de travail), la plus forte croissance étant observée dans les coûts liés au lieu de travail, soit 73,2%. »
Du point de vue économique total, les TDM sont un problème qui se mesure en centaines de milliards de dollars.
Trouver un chiffre de base pour le traitement des personnes souffrant de TDM n’est pratiquement pas possible. Cela dit, selon les recherches fournies par Lea Winerman à ses lecteurs de l’Association américaine de psychologie, les Etats-Unis dépensent plus de 70 Mds$ en traitements pour les troubles dépressifs.
En deux mots…
Peu importe que l’on étudie le coût économique total ou le coût des antidépresseurs et de la thérapie. Le résultat reste le même : le marché disponible total pour les troubles dépressifs est gigantesque. Rien qu’aux Etats-Unis, des millions de personne souffrent de dépression ; en termes de dollars, le marché disponible se chiffre en milliards.
Nouveaux médicaments : l’exactitude est essentielle
L’expression « agir vite et casser des choses » correspond bien aux les ingénieurs de la Silicon Valley, mais dans le monde de la médecine, les choses fonctionnent autrement.
Lorsqu’il s’agit de faire progresser un médicament tout au long des étapes du processus d’approbation de la FDA (Food and Drug Administration, l’organisme chargé de la réglementation des médicaments aux Etats-Unis), faire vite c’est bien… mais faire avec exactitude, c’est mieux. Car lorsque la vitesse remplace l’exactitude, les résultats peuvent être faussés, et des vies sont mises en danger.
Le processus de la FDA pour l’approbation d’un médicament n’est pas rapide. Et il est tout sauf bon marché.
Par ailleurs, même si le médicament passe toutes les phases traditionnellement exigées par la FDA, l’entreprise qui finance les essais doit quand même déposer un dossier pour son nouveau médicament, appellé NDA (New Drug Application, demande de nouveau médicament) – ce qui est là encore un long processus.
Commençons par le commencement…
Une fois que les chercheurs ont trié des milliers de composés pour atteindre une poignée de candidats potentiels, l’entreprise passe aux recherches précliniques. A ce stade, le médicament étudié n’est pas encore testé sur des personnes, bien que les chercheurs soient chargés d’estimer la toxicité globale et les dosages.
L’objectif de la recherche préclinique est de déterminer le profil de sécurité d’un médicament. Malheureusement, les données précliniques ne peuvent pas nous indiquer avec précision la manière dont un médicament agira sur le corps humain. Nous ne connaîtrons pas les effets d’un médicament sur l’organisme tant qu’il n’a pas été approuvé pour les études cliniques et les essais.
Une fois qu’une entreprise a déposé une demande d’autorisation de mise sur le marché d’un nouveau médicament (IND) auprès de la FDA et que celle-ci a été acceptée, le médicament passe à la phase 1 de l’étude. A ce stade, l’entreprise recrutera entre 20 et 100 volontaires sains pour déterminer la sécurité et le dosage sur plusieurs mois.
Ce n’est pas très rassurant, mais par plaisanterie, les investisseurs appellent les essais de Phase 1 « l’étude pour s’assurer que le médicament ne vous tuera pas ».
Si tout se passe bien durant l’étude de Phase 1, le médicament passe à la Phase 2. L’objectif à ce stade est de déterminer l’efficacité et les effets secondaires. Le médicament fonctionne-t-il ? Quelle est la gravité des effets secondaires ?
Là encore, une entreprise recrute généralement jusqu’à quelques centaines de personnes. Cette fois-ci, en revanche, cette cohorte est composée de personnes atteintes de la maladie ou de la pathologie concernée par le médicament à l’étude.
Pour passer aux essais de Phase 3, un médicament doit démontrer un profil de sécurité et d’efficacité acceptable avec des effets secondaires limités ou tolérables.
Le groupe de participants à l’étude est alors élargi à plusieurs milliers de volontaires, tous atteints de la maladie ou de la pathologie étudiée. Un essai de Phase 3 vise à étudier la sécurité et l’efficacité d’un nouveau médicament expérimental sur de nombreux participants.
Les volontaires de l’étude ne sont souvent suivis que pendant quelques mois ; cela ne signifie pas pour autant que le processus est rapide. Il est au contraire incroyablement lent.
A ce stade du cycle de vie expérimental du médicament, certaines entreprises peuvent déposer une NDA (demande de nouveau médicament), qui sera examinée par la FDA. D’autres en revanche passent à une étude de Phase 4, où un groupe de participants de plus en plus important est suivi pour vérifier la sécurité et l’efficacité à long terme.
Entre la découverte et le développement de composés potentiels, la recherche préclinique, la recherche clinique et l’examen final par la FDA, l’ensemble du processus peut prendre entre 10 et 12 ans. J’ai lu des rapports indiquant que le processus pouvait prendre jusqu’à 15 ans !
Si les délais de la FDA ne suffisent pas à vous démontrer à quel point ce processus est compliqué, sachez que le taux d’échec global des nouveaux médicaments en développement est d’environ 96%.
Ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est que le développement d’un médicament prend beaucoup de temps et d’argent.
Nous aimerions tous que les nouveaux médicaments arrivent sur le marché aussi vite que possible, mais personne ne souhaite voir des médicaments dangereux ou inefficaces être distribués aux malades.
D’autres entreprises psychédéliques à surveiller
Cybin se prépare à coter ses actions sur une grande place boursière nord-américaine : le secteur entier sera sans aucun doute encore plus sous les feux de la rampe. Je vous conseille donc de garder un œil sur ces deux valeurs : Optimi Health (OTCQB : OPTHF) et Mindset Pharma (OTCQB : MSSTF).
Optimi Health fournit des produits bruts et transformés, à base de champignons fonctionnels et psychédéliques.
L’objectif de Mindset Pharma est de développer la prochaine génération de médecine psychédélique – un composé qui partage une structure chimique standard avec la psilocybine, mais qui a été altéré pour contrôler la puissance, augmenter la durée et réduire les effets secondaires.
Je vous donnerai ultérieurement des informations supplémentaires sur ces entreprises et d’autres qui leur ressemblent, mais aujourd’hui, nous nous concentrons sur l’avenir de Cybin en tant que leader dans le secteur de la médecine psychédélique.
A l’origine, nous avons acheté Cybin en février, de sorte que vous êtes parfaitement positionné, avec des actions achetées à un excellent prix. A mesure que Cybin franchit les étapes du processus de la FDA et vient éclairer l’avenir prometteur des médicaments psychédéliques, je pense que vous gagnerez beaucoup d’argent.
Si vous n’êtes pas encore positionné, je vous recommande actuellement d’acheter des actions sur repli vers 2 $.
Bien à vous,
James Altucher
Rédacteur en Chef, Top 1% d’Altucher
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