Cher trader,
J’espère que mes timings ces derniers temps vous satisfont autant que moi. Car après la baisse du pétrole et du S&P 500 préalablement (lignes short toutes deux encaissées quand il le fallait, au plus bas de la semaine avant-hier sur le pétrole d’ailleurs), nous avons parfaitement su redoubler de méfiance à l’idée de nouvelles ventes dans l’immédiat. Avec, sur le S&P 500, un scénario de rebond technique pour aller combler le gap hebdomadaire qui se confirme donc (cf mon graphique de l’indice élargi US de vendredi dernier updaté …).
Nous avons même parfaitement switché avec un achat sur STMicroelectronics qui, comme attendu, prend une tournure intéressante cet après-midi (cf flèche jaune sur mon graphique intraday ci-dessous).
Switch que l’on retrouve d’ailleurs également dans le « focus » des opérateurs dernièrement. On le sait, les craintes autour de l’inflation ont prédominé durant le premier semestre. Pour autant, « l’avantage » du risque de récession est qu’il conduit justement à détendre le cours de bon nombre de matières premières (alors que ce contexte va de pair avec une demande moindre), pétrole en tête. A ce sujet, Janet Yellen, la secrétaire au Trésor US, a elle-même évoqué le fait que 50% de l’inflation constatée ces derniers mois provenait de la flambée de l’or noir… Mais depuis une semaine, Comme je l’indiquais dans une émission récente, l’obligataire a potentiellement atteint un point dur. Les dernières statistiques macroéconomiques dégradées le reflètent bien (cf. les PMI hier, en Europe mais également outre-Atlantique). D’où, une détente sur les rendements des taux longs (cf. le rebond des contrats depuis une semaine avec l’encadré jaune ci-dessous).
Dans le même temps, jour après jour, le risque que la saison des trimestriels à suivre déçoive trouve un certain écho. Après Kingspan/Saint-Gobain lundi, le secteur des basic ressources qui a pris le relai mercredi (cf. Arcelor-Mittal qui était sous la pression d’Umicore mercredi) nous avions par exemple le warning de l’allemand Zalando ce matin. Objectivement pas franchement emballant en termes de catalyseur car je crains un peu que le risque de récession soit encore un peu sous-évalué à l’instant « t ». Avec la remontée des taux longs durant le printemps et la hausse des matières premières en général, qui en est indirectement à l’origine, qui risquent de conduire à un effet ciseau difficile lors de la prochaine saison des trimestriels, en juillet. C’est d’ailleurs probablement ce que « jouent » certains hedge funds, comme Bridgewater géré par le célèbre Ray Dalio, qui sont positionnés à la vente…
Dans ce contexte, pas évident de se dire qu’il y a de grosses opportunités immédiates. Ce qui, comme je vous le disais hier soir, me rendait méfiant ces derniers jours alors que le Cac n’arrivait pas à se dépêtrer d’une zone de range autour des 5900/6000 points. Je n’avais ainsi plus une conviction suffisamment marquée dans un sens comme dans l’autre pour trancher (jusqu’à ce matin).
Deux options étaient alors clairement posées. Soit les valeurs bancaires (omniprésentes dans le Cac) étaient à nouveau lourdement attaquées comme hier (alors qu’elles avaient bien performé/résisté durant le printemps, car profitant de la hausse des rendements obligataires, elles commençaient à sous-performer/être vendues – cf. la baisse de 5% environ en moyenne hier des Société Générale et autres BNP Paribas) et entraînaient le Cac à nouveau plus bas (ce qu’en toute franchise j’ai envisagé hier soir).
Soit, l’autre option (qui s’avèrera être la bonne donc ce vendredi), est justement que les secteurs/valeurs Growth, type Teleperformance ou encore le secteur luxe avec les LVMH et autres Hermès, se reprennent dans le sillage de la détente des taux longs. Le constat étant alors le même outre-Atlantique où, si on doit passer par la case récession, alors ce sont justement ce type de valeurs (comme Apple, Alibaba et autres géants de la tech US qui, comme lors de la crise du COVID, pourraient justement tirer leur épingle du jeu à court terme – surtout compte tenu de leur baisse, ces dernières semaines).
Maintenant ici (autre « ambivalence »), acheter des actions de manière concomitante à une entrée de capitaux sur l’obligataire refuge n’est pour le coup historiquement pas le meilleur parti pris qui soit. Car par le principe des vases communiquant, l’argent entrant dans ce segment refuge pour des questions de sécurité se fait au détriment des actifs à risques, indices boursiers –sujets, eux, au risque de récession donc. Voilà toute l’ambiguïté de ce début d’été entre perspective d’inflation et risque de récession. Avec donc, d’un côté, l’idée qu’une détente sur les rendements soit une bonne chose pour le Nasdaq. Mais que, de l’autre, le fait que les entrées de capitaux sur ce segment refuge ne constitue statistiquement pas un gage d’humeur risk on pour les actifs à risque dans leur ensemble.
A ce stade aujourd’hui, la seconde « option » aura donc prévalu, avec donc des rattrapages sur les valeurs Growth. Pour autant, l’autre « difficulté » en termes de stockpicking tient au fait que je n’étais franchement pas à l’aide avec la plupart des configurations techniques. Où bon nombre de titres présentaient de larges bases horizontales techniquement très propres (trop ?, car quand cela casse, cela va souvent très vite…ce que, soit dit en passant, j’escompte sur le Platine sous les 900 $) sur les L’Oréal et autres LVMH (cf ci-dessous)…
Et pour le reste des cycliques (qui ont bien rebondi ce vendredi), on retrouve des Schneider Electric et autres Legrand, que j’avais dans tous les cas un peu blacklisté étant donné l’actualité récente de Rexel par exemple. Couplé à des situations dégradées/baissières sur les banques (là encore, comme le luxe, très fortement représentées dans le Cac 40) ou même encore à une faiblesse persistante du Dax depuis 48h (cf Wacker Chemical et le risque d’approvisionnement en gaz hier, et donc Zalando ce matin), la liste des candidats pour un achat s’amenuisait. Si j’ai même fini par envisager un Call sur certaines valeurs de la tech US (comme PayPal ou Pelon Interactive), ceci alors que le newsflow sur FedEx ce vendredi était en soutien pour viser donc le comblement du gap weekly évoqué sur le S&P 500, STMicroelectronics m’a au final semblé être un bon compromis.
Voici un récapitulatif des trades pris dernièrement :
=> Base Intraday :
Platine (Turbo Put 3T26S) : insistance ici à la vente eu égard au risque d’accélération à la baisse en cas de rupture des 900 $, avec même un « Joker » via notre canal Telegram (type de « complément » amené à se reproduire dans les semaines à venir –je vous en dirai plus prochainement sur le sujet). Deux reventes flat mercredi et hier. Conservez les Put repris ce matin sur stop à 1,41 €.
=> Base Swing :
WTI (Turbo Put 1T36S) : quand je vous parlais de timing opportun dans mes propos introductifs, nous avons pris nos gains ici tout simplement au plus bas de la semaine. Put soldés à +28% mercredi.
Platine (Turbo Put 69S1S) : statu quo sur cette ligne swing. Conservez ; stop à 4,52 €.
STMicroelectronics (Turbo Call 5B68S) : beau timing d’entrée (cf mes écrits en introduction) puisque la hausse suivra comme attendu ensuite cet après-midi. Conservez ; stop à 4,85 €.
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu
Rédacteur en chef / SMS Cash Alert







