Cher trader,
Donald Trump se veut optimiste en comptant sur un traitement rapide de la pandémie de coronavirus. Un traitement à base de chloroquine, une molécule déjà connue utilisée contre le paludisme et l’arthrite, semble en effet donner des résultats prometteurs. Comme l’exhortait hier le président américain, le produit a montré des « résultats préliminaires très, très encourageants ». Si la FDA (l’autorité de santé américaine) doit encore procéder à des essais cliniques, les premiers retours semblent engageants. En Chine, mais également dans l’Hexagone, où des tests réalisés via la prise de Plaquenil, l’un des noms commerciaux de la chloroquine, ont montré une réduction significative de la durée de portage du coronavirus. Pris en complément d’autres antibiotiques ciblés, le traitement a même complètement guéri les patients traités. C’est une lueur d’espoir bienvenue alors que les craintes d’une extension de la période du confinement dans l’Hexagone s’étendent.
Dans l’attente de ce traitement miracle, les banques centrales sortent l’artillerie lourde sur les marchés. Après la Fed en début de semaine, la BCE a donc dégainé dans la nuit de mercredi à jeudi un nouveau QE d’ampleur. Dans ce contexte, mon cœur balançait un peu entre deux constats un peu antinomiques.
D’un côté, les bruits de marché qui étaient légion. En Europe tout d’abord, je pense évidemment au contexte de confinement lié au coronavirus avec en Italie par exemple une extension du confinement alors que les dernières données en Lombardie (l’une des premières régions les touchées) ne montrent visiblement aucun signe de ralentissement de l’épidémie. Dans le même temps hier, Reuters relayait les propos d’Emmanuel Macron jugeant « probablement nécessaire une extension de la période de limitation des contacts sociaux ». Idem aux Etats-Unis où la Californie était à son tour confinée en cette fin de semaine.
De l’autre, l’impression d’être face à des opportunités d’achat quasi historiques. A court terme tout du moins étant donné les interdictions de VAD mises en place par l’AMF dernièrement mais également eu égard aux rendements sur dividendes attendus à partir du mois prochain.
De tout cela découle une volatilité exacerbée, qui rend tout bonnement impossible de prendre de trop gros leviers. Ce vendredi par exemple. Je veux bien que ce soit une séance des quatre sorcières, mais quand on voit des futures US passer d’une quasi-réservation à la hausse – peu avant l’expiration de midi – au rouge à l’ouverture des cash à Wall Street, il est impossible d’y aller avec des élasticités à deux chiffres.
Ceci en lien en outre avec des comportements trop peu cohérents des indices entre eux. Car là aussi je veux bien par exemple concéder que l’Eurodollar entre en ligne de compte pour jauger les sur/sous-performances relatives des indices européens vis-à-vis de Wall Street, mais quand même. Voir Wall Street virer au rouge cet après-midi quand, dans le même temps, le Cac ou le Dax bondissaient de 4% au moins en moyenne, ce n’est quand même pas courant… Dans cette logique d’ailleurs, que dire du pétrole ? Il passe d’un -25% mercredi à +25% à peine 24h plus tard (pour rechuter de 8% à l’instant « t »). Quand vous prenez ce type de variation, et que y ajoutez ne serait-ce qu’un léger effet de levier, il faut être prêt à risquer une moins-value latente de 30/40% (voire même plus) sur de simples oscillations intraday liées au bruit de marché. Impossible, sauf si vous n’avez aucun garde-fou.
Aussi, si je devais résumer la semaine, je la qualifierais de « passionnante mais épuisante ». Outre certaines « contraintes » qui n’aident pas – liées au confinement actuel (mais que nous subissons tous … en particulier si, comme moi, vous avez des enfants en bas âge) -, s’il y a bien une chose que je déteste c’est voir un mouvement se mettre en place (la hausse du CAC) sans parvenir à nous placer en amont pour en profiter. En effet, comme vous l’aurez compris avec l’orientation de nos trades cette semaine, cette fin de semaine haussière ne me surprend guère. Maintenant, au regard des ouvertures en gap constatées dès ce matin en Europe, de +5/6% sur le CAC, on pourrait s’agacer de ne pas avoir tenu un solde de call CAC (ou donc pris le risque overnight hier soir). D’autant que cela oblige ensuite à courir un peu après le papier : d’où le trade sur le S&P 500.
Pour autant, sur cette dernière pose, cela a le mérite d’illustrer la pertinence de mes niveaux. A l’instar du timing sur les call CAC de mardi, les Call S&P 500 sont venus effleurer le stop loss automatique en début d’après-midi (les Call étant tombés à 4,77 € au plus bas, six centimes seulement au-dessus de notre stop automatique – cf le rectangle noir sur mon image ci-dessous). Avant de remonter…
J’ai ensuite pris le parti de vous envoyer une alerte de suivi dans le rebond amorcé derrière (cf cercle noir cette fois ci-dessus) alors que, dans tous les cas, je n’aurais plus tenu la pose en overweek-end ce soir (faute d’impulsion haussière suffisante donc en séance européenne). Et à l’heure où je termine ces lignes, quand je vois le S&P 500 repartir dans le rouge sous les 2400 points, je me dis que la chose est au final plutôt bien gérée comme il le fallait. Cela ne paye pas cette semaine ; mais cela doit vous montrer que les fondements de mon approche sont sains. Gage de pérennité sur la durée !
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
Cac 40 (Turbo Call 116VZ) : après un rebond là où je l’attendais mardi en séance, le reflux de l’indice nous a ensuite conduit à la prudence. Call revendus (+5% en moyenne sur l’ensemble).
Cac 40 (Turbo Call 116VZ) : malgré des velléités de rebond hier matin, l’indécision ambiante (l’indice étant retombé sous les 3700 points hier midi) nous a rapidement conduit à ne pas insister. Call revendus (-4/5%).
S&P 500 (Turbo Call 2OE5Z) : je vous renvoie ici à mes commentaires introductifs. Call revendus (-9%).
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu
