Cher trader,
Avant d’en venir à la séance du jour, je me permets un rappel important quant au fonctionnement du service.
Dans les trades que l’on prend, il y a deux axes ou plutôt deux horizons de temps différents. Du court terme d’une part, ou plus précisément de l’intraday (quelques heures/jours tout au plus). Et, d’autre part, ce que j’appelle du « moyen terme » ensuite dans mon jargon, c’est, à dire du swing (position tenue sur plusieurs jours). En conséquence de quoi, les effets de levier des Turbos que je vous recommande dans l’un ou l’autre ne sont évidemment pas les mêmes. Elasticités à deux chiffres pour les premiers (autour des 10/20 en moyenne sur indices). A un chiffre pour les seconds. Idem, ces trades ne sont pas gérés de la même des manières. En ce sens, quand nous sommes sur de l’intraday, et des leviers 15 par exemple sur indices, je fais souvent allusion à la notion de « stop overnight actif ». Ceci afin, justement, de minorer autant que possible les ouvertures potentielles en gap inhérentes aux produits sur lesquels nous intervenons. Pour autant, quand nous sommes sur du swing (comme c’était le cas avec nos dernières poses, hors Dax ce matin), cela s’avère moins nécessaire. En ce sens par exemple avec l’élasticité de 3 simplement sur Axa, les variations sont moindres. Si cela réduit un peu le reward potentiel, à l’inverse, cela permet de laisser « respirer » le sous-jacent en base horaire, sans avoir à être trop réactif au moindre mouvement intraday inverse.
C’était par exemple le cas des Put Dow Jones Industrial de vendredi dernier. Comme je vous le disais alors dans ces colonnes, je n’excluais ainsi pas un « petit sursaut intraday » au-delà des 34 300 points, avant une rechute. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé ensuite. Durant le Black Friday, le Dow Jones Industrial avait été plus fort que les autres indices (Nasdaq/S&P 500) avant, ensuite en début de semaine, d’être attaqué. Or ici, étant donné l’orientation swing de ce trade, avec une élasticité des Put à l’heure de notre entrée autour de 7 de mémoire, cela nous « autorisait » à avoir un peu tort en intraday (ce qui avait été le cas vendredi après-midi donc). Après, ce petit « matelas » n’aurait évidemment pas été possible si nous avions été en effet de levier de 15 par exemple.
N’occultez pas non plus que l’effet de levier des Turbos évolue quotidiennement (en fonction des mouvements du sous-jacent, proportionnellement à l’éloignement de la barrière désactivante). A mesure que le sous-jacent va dans le sens attendu, l’élasticité baisse, et inversement plus nous avons tort et plus, à mesure que la barrière se rapproche, l’élasticité augmente. Par rapport aux Put Dow Jones Industrial par exemple, l’élasticité immédiate des Put était tombée autour de 5 mardi après-midi (alors que nous avions eu raison). Avant de remonter hier autour des 8/9 quand le stop sur le solde de la ligne a été atteint (dommage ici étant donné le newsflow sur Salesforce de la veille par exemple ou la baisse de l’assureur UnitedHealthcare Group).
Bref. Plutôt que d’épiloguer sur cette ligne spécifiquement (alors que l’indice américain poursuit son reflux ce vendredi), si je vous fais ce rappel, c’est plus particulièrement par rapport aux Put Cac 40 ouverts vendredi dernier. Effectivement, si le cours des Put était passé sous les 7 € mercredi soir en hors-séance (peu avant la clôture US de 22h), pour autant, vous n’êtes pas tous logés à la même enseigne selon votre courtier. En ce sens, si votre intermédiaire ne passe pas par Tradegate, les horaires classiques d’Euronext (8h/18h30) s’appliquent pour les dérivés, turbos, warrants et autres.
Or quand nous sommes sur des « gros leviers » (optique intraday/court terme donc –comme le Dax ce jour), je spécifie prioritairement un message du type « stop overnight actif », dans mes « mails du soir », justement pour vous indiquer que si vous tenez la pose après 18h30 cela doit alors se faire via un courtier cotant après cette heure (dans l’alternative, étant donné le risque d’ouverture en gap lié aux turbos, je conseille alors ne pas maintenir la pose). Mais pour le coup, avec les poses swing de vendredi dernier, moins réactives donc, cela s’avère en général moins nécessaire (d’où mon absence de spécification ces derniers jours sur l’overnight). Avec l’idée de reprogrammer donc les ordres au besoin le matin.
En conséquence de quoi, vous êtes censés agir/réagir (ou au moins pouvoir le faire) à partir de 8h. D’où mon alerte de suivi hier matin peu après 7h30, étant donné la fin de séance US à Wall Street la veille au soir. Mon idée étant ici de ne pas exécuter l’ordre/revendre les Put à l’ouverture à l’ouverture à partir de 8h hier matin donc. Dans l’alternative, et au risque d’enfoncer des portes ouvertes, je n’aurais effectivement pas pris le temps de vous renvoyer une alerte de suivi de la sorte aussi tôt.
Je referme là cette parenthèse pour en venir à la séance du jour avec, comme gros driver, l’emploi US. Il est ressorti meilleur que prévu, avec des créations de postes supérieures aux attentes et une hausse du salaire horaire moyen plus élevée qu’escompté. Pour être totalement honnête avec vous, ce n’est pas forcément la lecture qui avait ma préférence avec notre trade sur le Dax. Pour autant, l’asymétrie du risque était malgré tout suffisamment intéressante à l’idée de « jouer » cette statistique. En cause : la situation de l’eurodollar entre deux comme « juge de paix ». J’avais ainsi en tête que, même en cas de mauvais rapport (qui aurait alors conduit à une nouvelle baisse des taux longs US et favorisé une extension du rebond du Nasdaq –avec l’idée de « bad news is good news » par rapport au resserrement de la Fed), la nouvelle hausse de l’eurodollar qui en aurait découlé aurait, comme mercredi soir/jeudi matin déjà, conduit le Dax à sous-performer (car gorgé d’exportateurs européens, très sensibles donc à la valeur de l’euro). Et à l’inverse, en cas de bons chiffres (ce qui a donc été le cas), les hésitations de Wall Street qui allaient en découler (cf la baisse des futures sur indices américains après 14h30) allait pouvoir nous offrir une fenêtre de tir minimum pour sécuriser une nouvelle PBP (prise de bénéfices partiels). Ce qui a donc été le cas (PBP sécuritaire nécessaire pour les raisons inverses évoquées sur l’eurodollar, dont le reflux minore cette fois la baisse des indices européens, Dax en tête). Voilà sur le « pourquoi du comment ».
Plus largement, vendredi dernier sinon, je vous parlais d’une hausse des leviers et de plus de risque à prendre. Cela va toutefois de pair avec un minimum de conviction de ma part. Or, mes seules convictions étaient ce jour (Put Dax) et hier matin avant l’ouverture à l’idée que les marchés européens n’allaient pas suivre dans la hausse (d’où, une fois n’est pas coutume, la suppression du stop sur les Put Cac 40). Après il faut dire que l’un dans l’autre, après huit/neuf semaines de hausse d’affilée en Europe, l’inertie est tenace et ne conduit dans l’absolue à guère de changement. Si ce n’est à Wall Street mais où, pour le coup, à part avoir une boule de cristal quant à la teneur de la sortie de Jerome Powell mercredi et/où d’envisager la teneur si haussière de la statistique (ce avec quoi, comme je vous le disais plus haut, j’étais assez méfiant – l’enquête ADP parue mercredi tablant, au contraire, sur un ralentissement. Comme quoi, les enquêtes….), pas évident d’anticiper les pump dans un sens ou d’autre (mercredi soir en particulier).
Après enfin, pour ce qui est de la big picture, nous avons par exemple désormais le S&P 500 qui arrive dans une grosse zone de résistance descendante (cf rectangle grisé + flèches rouges sur mon graphique hebdomadaire de l’indice élargi US ci-dessous). Grosso modo, la zone de résistance des 4100/4200 points qui arrive en opposition.
Pour autant, dans une optique plus longue, je pense que la grosse question à se poser est liée au soutien des Banques Centrales. Si, comme moi et comme Bank of America hier par exemple, vous pensez qu’une grosse partie de la hausse des bourses mondiales ces dernières années est le fait de l’argent gratuit, alors l’upside potentiel sur les niveaux actuels me semble assez réduit.
Voici un récapitulatif des trades pris dernièrement :
=> Base Intraday :
Dax (Turbos Put R688S) : je voulais vous faire rentrer à la vente dans le rebond du future ce matin. Si je ne pensais pas que les cours remonteraient déjà à proximité des 14 600 points avant la statistique (alors que le secteur automobile, très présent dans l’indice, était par exemple fébrile), pour autant le retournement opéré aura, une fois encore, mis en lumière la précision de mes zones (cf encadré jaune avec les 10,64 € au plus bas). PBP autour des +9% peu après 14h30 ; conservez le solde, sur stop overnight actif donc à 10,50 €.
=> Base Swing :
Cac 40 (Turbos Put R353S) : hier matin, j’ai voulu attendre de voir si le Cac 40 allait franchir dans un excès les 6800 points en matinée sur les cash avant de nous renforcer. Mais à défaut, après donc avoir préalablement retiré le stop automatique hier matin avant l’ouverture, nous avons ensuite renforcé la ligne dans l’après-midi. Conservez sur stop automatique ajusté désormais situé à 6,69 € sur l’ensemble.
Axa (Turbos Put 65Q7S) : alors que KBW a ramené son conseil sur l’assureur de « surperformance » à « performance de marché » ce matin, le titre hésite. Conservez ; stop à 4,08 €.
Dow Jones Industrial (Turbos Put 817ES) : après une PBP quand il le fallait en première partie de semaine, le stop automatique a été déclenché dans les nouveaux plus hauts faits par l’indice hier après-midi. PBP à +10% ; solde revendu sur stop automatique hier (flat en moyenne sur l’ensemble).
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu
Rédacteur en chef / SMS Cash Alert




