Cher trader,
Je vais vous le dire très honnêtement : on ne peut pas être au four et au moulin. Aussi, pour ce qui est de cette séance de vendredi, j’ai décidé de me focaliser uniquement sur la gestion de nos derniers Put S&P 500.
En effet, au niveau actions d’une part, je ne m’attendais objectivement pas à une matinée si haussière en Europe. Des rumeurs de fusions/acquisitions dans le secteur bancaire, en Espagne, permettaient à l’Europe de repartir déjà très vite de l’avant. Or, dans le même temps, le future Nasdaq redonnait par exemple à nouveau près de 1% (notamment alors que Broadcomm avait fait état de chiffres un peu inférieur aux attentes hier soir en after hour, conduisant le titre à reculer de 1% en préouverture ce vendredi).
Cette matinée illustre bien l’alternance de phases de sur/sous-performance du CAC vis-à-vis de Wall Street qui me semble surtout propice aux portes de saloon plus qu’autre chose. Pour ce qui est du CAC, notre indice reste encore et toujours englué dans un large triangle symétrique (cf. mon graphique de vendredi dernier). A ce stade, la question du sens de sortie de cette phase de congestion reste posée. Mais comme depuis la fin août, je pense que l’eurodollar détient la réponse. En d’autres termes, si la paire doit continuer à corriger, je pense que cela sera un bon catalyseur haussier. Avec un principe d’un « long Europe / short Wall Street » qui continue à avoir ma préférence (surtout avec les élections US en point de mire). Et la force relative dont fait déjà preuve le CAC depuis hier tend d’ailleurs plutôt à me conforter dans cette idée…
En corollaire du newsflow autour du M&A en Europe qui me semblait un possible catalyseur de soutien pour la monnaie unique, cela m’a pour le moment conduit à passer mon tour dans l’idée de vendre l’eurodollar. Ce qui n’est peut-être pas le meilleur parti pris qui soit alors que les chiffres de l’emploi US sortis cet après-midi meilleurs que prévu (surtout le taux de chômage) ont contribué à remettre la paire sous pression sous les 1,18 $.
Sur le front de l’Or ensuite, si la remontée des taux longs US cet après-midi a maintenu la pression baissière sur la relique barbare, dans l’immédiat étant donné le retour du mode risk off la veille outre-Atlantique, cela a pour le moment là aussi tempéré mes ardeurs (étant donné le possible rôle de refuge du métal jaune).
Dans ce contexte, et dans la lignée de ce que je vous disais dans notre Salle des Opérations hier quant à la difficulté de trouver des points d’entrées, je me suis concentré sur les Put S&P 500. Et à ce stade, cela me convient. Nous avons ainsi pu solder la ligne à +50% alors que la baisse s’accélérait peu avant notre clôture portant même le prix des Put au-delà des 5 € (cf cercle noir ci-dessous).
Or vu les mouvements depuis 17H30 et le S&P 500 qui remonte au-dessus des 3400 points à ce stade (cf cercle noir sur ce graphique intraday) avec, le cas échéant en clôture une possible mèche basse en formation ce jour, cela ne devrait pas être inutile (d’autant que Wall Street restera clos lundi pour cause de Labor Day). D’autant que depuis la fin août, le Vix ne cessait de monter en parallèle de la hausse de la hausse du S&P 500. Et plus le temps passait (et les séances de hausse s’alignaient), et plus mon ressenti se rapprochait de celui de la fin janvier 2018. Et comme avec le trou d’air de début février 2018, cela n’a de nouveau pas manqué depuis hier. Avec d’ailleurs en cette fin de semaine, certaines « explications » quant à la hausse du mois dernier globalement à Wall Street (qui vient donc d’être remise en question en à peine 24h) qui semblent légitimer mon scepticisme récent…
Quoi qu’il en soit, si vous venez de nous rejoindre dans le service, cette semaine est un bel exemple de mon approche et de mon money management. Quand j’ai tort (ce qui est inévitable quand vous intervenez au quotidien sur les marchés), les moins-values que l’on concède sont pour la très grande majorité à un chiffre. Peu importe qu’elles soient plus nombreuses. Ce qui est important en termes de mesure de performance dans la durée, c’est leur ampleur. Et surtout le rapport aux gains (en gros, croiser les ratios win/loss et le risk/reward). Car rien ne sert d’avoir raison trois fois sur quatre si, quand vous avez tort, le montant de votre perte « avale » vos trois gains antérieurs. A l’inverse de mon côté, quand « cela y va », les gains sont très vite à deux chiffres. Comme avec le trou d’air sur l’Or du 11/12 août dernier sur lequel nous avions parfaitement capitalisé, le solde des Put S&P 500 de la veille vient ainsi de nous rapporter+50% en fin de séance. Pas mal en à peine plus de 24h !
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
Palladium (Turbo Call 2Q37S) : le palladium aura bien été le seul des métaux précieux à tirer son épingle du jeu à la hausse cette semaine (mouvement qui s’est même poursuivi hier). PBP à +10%. Solde revendu marginalement dans le vert.
M6 (Turbo Call 73C1B) : alors que le timing de sortira ne suivra pas, nous avons écourté le trade en cette fin de semaine. Call revendus (-3%).
S&P 500 (Turbo Puts 61IWC) : deux tentatives infructueuses mardi et mercredi revendues sur stops automatiques (-9%)…
S&P 500 (Turbo Put 61IWC) : …mais la troisième sera la bonne hier après-midi ! Avec un sell-off dans les règles qui nous a rapporté +50% sur le reste de nos Put. Plutôt pas mal en à peine 24h !
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi.
Mathieu


