Cher trader,
Vendredi dernier, Wall Street a clôturé au plus bas. Et autant un rebond d’ordre technique intermédiaire ne me semblait pas impossible, autant je dois admettre que je ne pensais voir les indices renouer aussi rapidement avec leurs derniers sommets et aligner cinq séances de hausses d’affilée.
Cette séquence tient en particulier sa source dans la nette remontée des taux longs observée de part et d’autre de l’Atlantique (cf. le cercle noir sur le graphique ci-après, qui illustre la baisse des contrats Bund, l’obligataire à dix ans allemand).
Or, suivant le principe bien connu des vases communicants, l’argent sortant de ce segment s’est ensuite reporté sur les actifs à risques, en particulier les indices et les actions (voir la hausse de l’Eurostoxx 50 sur mon deuxième graphique ci-dessous).
Si ces évolutions symétriques ont une nouvelle fois illustré la pertinence de corrélations au demeurant bien connues des investisseurs, il n’en demeure pas moins qu’en pratique, de telles configurations ne sont pas facilement « tradable ». Surtout si, comme moi, vous n’imaginiez pas un tel scénario vendredi dernier.
En toute transparence, je serais presque content à l’idée d’avoir su ne pas nous mettre en face de ce rebond. Car étant donné la faiblesse des volumes de transaction, j’ai envisagé à plusieurs reprises d’initier certaines poses short, en particulier sur le CAC40 depuis mercredi matin et son rapide retour sous les 5 600 points alors que, dans le même temps, les indices chinois vivotaient (cf. l’encadré noir ci-dessous).
Cependant, après les solides publications des Publicis et autres Dassault Systèmes hier, le newsflow corporate demeure au bout du compte trop en soutien ce vendredi encore pour envisager de vendre le marché parisien.
Pour cette dernière séance de la semaine, entre BNP Paribas qui a fait mieux que prévu (ce qui profite également à Société Générale et à Crédit Agricole), Vinci qui, crise sanitaire ou pas, a fait état d’un impressionnant cash flow au titre de 2020 (à 4 Mds€, soit pratiquement le double de ce à quoi le consensus s’attendait !) ou encore Sanofi-Aventis qui, ayant manqué le train sur le front du covid, a relevé son objectif d’économies d’ici l’an prochain, l’ensemble aura permis au CAC40 de regagner en force relative.
Toujours sur le front microéconomique, mais aux Etats-Unis cette fois, le bon comportement du secteur des biotechs dans le sillage de Gilead et de Regeneron, lesquels ont chacun fait mieux que prévu (ce qui me gênait là aussi face à l’éventualité de vendre le Nasdaq par exemple, ces deux titres étant des constituants forts du NBI, le Nasdaq Biotech Index -sous-segment important du Nasdaq), conjugué au dépôt par Johnson & Johnson auprès de la FDA d’une demande d’autorisation de mise sur le marché pour son candidat vaccin a relégué au second plan des chiffres mensuels de l’emploi mitigés. Car si le taux de chômage s’est révélé bien meilleur que prévu le mois dernier à 6,3%, contre 6,7% attendu par les économistes, à peine 49 000 postes ont été créés, soit 56 000 de moins qu’anticipé par le consensus, les données de décembre ayant au surplus été révisées en baisse à – 227 000 (contre – 140 000 en lecture initiale).
Désormais, en prenant le contrepied du constat émis ci-dessus sur l’obligataire, si un rebond sur ce compartiment se matérialise, il sera alors hautement probable qu’il en découle des sorties de capitaux des actifs à risque, et donc une correction des indices avec grosso modo une partie de ping-pong du CAC40 dans un range latéral entre les 5 400 et les 5 700 points.
En attendant, concernant nos positions, comme pour la gestion des Call sur l’Or dont je vous parlais hier soir, ne pas avoir participé à cette remontada n’est en rien un regret, d’autant qu’au vu de la faiblesse des volumes de transaction ces derniers jours, nous sommes loin d’être les seuls à avoir choisi de rester sur le bas-côté. En outre, nos call sur GTT auront tout de même rapporté cet après-midi…
Ainsi pour en terminer là, dans la continuité de mon nouveau silence radio cet après-midi en termes de nouveau trade, je sais que cela peut être dur de ne rien faire. C’est toutefois ce à quoi il faut savoir s’astreindre à certains moments. En tout état de cause, n’oubliez jamais que choisir de ne pas trader est une décision d’investissement en tant que telle. Et même si cela peut aller à l’encontre de certains aspects du service, l’expérience m’a prouvé qu’il s’agit bien souvent d’un choix des plus judicieux …
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
S&P (Turbo Put 51XJC) : comme je vous le disais dans mon court mail de ce midi, le stop automatique sur le solde de la ligne a été atteint ce vendredi. PBP à +15% le 28 janvier ; solde revendu sur stop automatique à 6,10 € ce midi (+7/8% en moyenne sur l’ensemble).
Or (Turbo Call 52MCC) : malgré de bons débuts en fin de semaine dernière, alors que les confirmations que j’attendais n’étaient pas au rendez-vous (notamment sur le front de l’obligataire américain donc ; cf. mes commentaires récents), nous avons repris nos billes mardi matin. Une bonne chose donc en termes de money management alors que la baisse s’est ensuite intensifiée. Call revendus flat mardi.
GTT (Turbo Call 2D50S) : malgré la remontée des indices et alors que le baril (ou même le gaz naturel) ont été particulièrement soutenus, il aura fallu attendre cet après-midi pour, enfin, voir le titre repasser au-delà des 80 €. Nous en avons profité pour sécuriser une nouvelle PBP. PBP à +10 % tout à l’heure ; conservez le solde sur stop automatique inchangé à 0,73 €.
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu
Rédacteur en chef / SMS Cash Alert




