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WeWork : méfiance…

Par 9 septembre 2019Alertes

« On ne perd rien à être poli, sauf sa place dans le métro. »

– Tristan Bernard

Chère Lectrice, cher Lecteur,

00:00 Alors, cette récession, elle se fait attendre, non ?

2020 d’après certains… 2021 pour les plus optimistes… en train de se dérouler en ce moment-même pour les pessimistes…

On se croirait sur la ligne 13 du métro parisien, à attendre un hypothétique – et maintes fois repoussé – prolongement du tracé.

(Notez bien que contrairement au prolongement de la ligne 13, l’absence de récession arrangerait pas mal de monde…).

00:30 Bref, où en étions-nous ? Ah oui : l’état actuel de l’économie. Eric Lewin nous en donne un excellent résumé dans La lettre PEA :

« Les investisseurs ont […] salué la relance des discussions entre la Chine et les Etats-Unis (qu’il convient cependant de relativiser, Donald Trump ayant habitué les marchés à souffler le chaud et le froid et à prendre tout le monde de court), et attendent que la BCE déploie l’artillerie lourde ce jeudi, avec force mesures accommodantes pour soutenir une économie de l’Eurozone qui semble atone à la lecture des dernières statistiques disponibles.

L’apaisement des tensions à Hong Kong – Pékin a fini par retirer son projet de loi d’extradition – et l’éloignement de la menace d’un Brexit dur ont également profité aux marchés actions. Au bout du compte, le CAC 40 a donc fait feu de tout bois pour revenir à environ 1% de ses plus hauts annuels.

D’une manière plus générale, certains semblent aussi se dire que le contexte de taux négatifs plaident pour acheter des actions. Pourquoi en effet accepter des taux négatifs sur du 10 ans français ou allemand quand dans le même temps certaines sociétés de grande qualité délivrent des rendements supérieurs à 3% ? Et puis la croissance est toujours au rendez-vous du point de vue microéconomique.

A cet égard, le consensus des analystes anticipe une progression de 2,4% des bénéfices pour les entreprises du S&P 500 et de 2,5% pour celles du Stoxx 600 [NDLR : cet indice rassemble les 600 plus grosses capitalisations boursières du Vieux Continent] d’ici fin 2019. La récession n’est donc a priori pas pour tout de suite. Tant mieux !« 

01:30 Tout de même… je retiens notamment de cet extrait que les marchés attendent beaucoup de la BCE et de ses mesures d’assouplissement. Ont-ils raison… et surtout, sont-ils aussi motivés qu’ils en ont l’air ?

Bill Bonner croit détecter quelques frémissements de doute – au moins du côté américain. Il explique dans La Chronique Agora :

« Les investisseurs commencent à se poser des questions, cependant : si des taux bas sont une si bonne idée, comment se fait-il que le Japon et l’Europe soient en encore moins bonne forme que les Etats-Unis ?

Et si l’on pouvait vraiment renforcer une économie en réduisant les taux d’intérêt, comment se fait-il que les Etats-Unis aient encore besoin d’aide – après quasiment une décennie de taux négatifs (en termes réels) de la part des banques centrales ?
« 

Bonne question… qui vient prouver une fois encore que l’efficacité des diverses mesures prises par les banques centrales – conventionnelles ou non, et où qu’on soit sur la planète – reste à prouver.

02:00 Bill précise ensuite sa pensée :

« Bloomberg :

‘Les investisseurs indiquent de plus en plus clairement qu’ils ne sont pas prêts à ‘acheter’ les politiques de stimulation de l’inflation que vendent les banques centrales, certains s’inquiétant même que les relances puissent faire plus de mal que de bien.

La baisse des attentes concernant la croissance des prix à la consommation, le plongeon des taux obligataires et l’aplatissement de la courbe des rendements signalent tous que le doute grandit, sur les marchés financiers, quant au fait que les décideurs monétaires aient ce qu’il faut pour regonfler leurs économies et éviter une récession mondiale. ‘L’échec quantitatif’ arrivait au sommet des inquiétudes des investisseurs dans un sondage Bank of America Merrill Lynch le mois dernier.’ A la Chronique, il faudrait un temps fou pour faire la liste des choses que nous ignorons. Le nombre de choses que nous savons est minuscule, en comparaison.

Cependant, nous ne nous donnons pas la peine de nous demander si payer les gens pour emprunter est une bonne idée… ni si plus de dette améliorera vraiment l’économie.

Nous connaissons la réponse à ces questions.

Nous ne nous demandons pas non plus si les autorités peuvent empêcher une nouvelle crise : la réponse à cela est aussi ‘non’.
« 

Il est à noter, quand même, que vous pouvez vous protéger contre « l’échec quantitatif » et ses méfaits – grâce à une stratégie simple et claire, disponible ici.

02:45 Par ailleurs, les faits commencent à donner tout doucement raison à ceux qui voient un ralentissement se profiler – même si la tendance est encore discrète. Prenez l’emploi US, par exemple. Comme le relevait Philippe Béchade dans La Bourse au Quotidien :

« Il faut prendre un peu de recul pour constater que le rythme des créations d’emplois aux Etats-Unis continue de ralentir inexorablement.

Le département du Travail révise à la baisse les scores des deux mois précédents, de 193 000 à 178 000 en juin et de 164 000 à 159 000 en juillet, soit tout juste -20 000.

Mais le détail qui nous interpelle, c’est que selon le décompte du département du Travail, le secteur privé n’aurait procédé qu’à 96 000 embauches au mois d’août quand l’institut ADP la veille en avait recensé 195 000, une différence de presque 100 000… et qui représente plus que du simple au doublant (un télescopage statistique un peu troublant…).

Le taux de salaire horaire aurait progressé de 0,4%, ce qui fait dire aux optimistes que c’est bon pour la consommation… mais 150 000 créations de postes par mois (en moyenne), dont beaucoup à temps partiel, cela ne permet pas d’absorber la totalité des entrants sur le marché du travail, compte tenu de la démographie américaine. »

Les effets d’annonce, c’est bien… mais si les annonces en question s’appuient sur des statistiques fiables et définitives, c’est mieux ! Philippe nous en dit plus dans la suite de son article, lisible ici.

Pour en revenir à vos investissements, toutes ces données indiquent que la prudence est/reste de mise. Profitez de la hausse tant qu’elle dure… mais n’oubliez pas de « blinder » votre portefeuille pour le protéger des retournements.

03:45 Evitez par exemple de vous laisser prendre à des introductions en Bourse disons… boiteuses – un peu comme celle-ci :

« La Silicon Valley est en train de nous écrire une histoire dont elle seule a le secret. Cet été, The We Company a préparé l’introduction en Bourse de WeWork. La touche finale a été apportée il y a quelques jours, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les chiffres annoncés donnent le tournis.

Avec une valorisation estimée à près de 47 Mds$ (42,2 Mds€), les fées qui se penchent sur le berceau de WeWork comptent bien en faire une princesse qui rendra jaloux tout le royaume de la tech. 

42 Mds€, c’est plus que la capitalisation boursière actuelle d’Orange (ORAN-FR0000133308) ou de Dassault Systèmes (DAST-FR0000130650). C’est aussi le double de celle de la Société Générale (SOGN-FR0000130809), une de nos plus vieilles institutions bancaires.

Si vous ne connaissez pas WeWork, vous êtes en droit de vous demander ce que fait la start-up pour mériter une telle valorisation. Soigne-t-elle le cancer ? Va-t-elle amener les hommes sur Mars ? Propose-t-elle des services que sept milliards d’êtres humains pourront utiliser au quotidien ?« 

Etienne Henri met fin à ce suspense intenable dans la suite de son article, ici même. Pour ma part, si j’ai un conseil à vous donner, ce serait de vous concentrer sur des valeurs et des tendances peut-être moins médiatisées… mais bien plus prometteuses, car basées sur des chiffres et des perspectives solides ! En voici quelques exemples , pour vous aider à vous lancer…

… Et en attendant de vous retrouver dès demain, je vous souhaite une très bonne soirée.

Françoise Garteiser
Les Marchés en 5 Minutes


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