
« Nous sommes du gouvernement, et nous sommes là pour vous aider. »
Cette phrase est parfois citée comme la plus terrifiante qu’un individu ou une entreprise puisse entendre. Mais pas pour notre recommandation Revenus Secrets du jour, Palantir Technologies (PLTR).
Le mot secret ne pourrait pas être plus approprié pour cette entreprise. Dans les thrillers d’espionnage ou les films sur un complot d’État, il y a souvent une société secrète, ou un groupe occulte, derrière toute l’intrigue. Ou bien le gouvernement sait beaucoup plus de choses que tout le monde ne le pensait, via ses réseaux très spéciaux.
En fait, Palantir cadrerait très bien avec tous ces films. Ironiquement, la société tire son nom du Seigneur des Anneaux, l’épopée fantastique.
Cette société s’intéressait déjà au cloud et au Big Data bien avant que le terme Big Data n’ait été compris par les marchés et les investisseurs. Elle a compris que beaucoup d’entreprises avaient besoin de données adéquates pour prendre des décisions avisées concernant leurs sécurité, stabilité et prospérité, mais qu’elles ne savaient pas comment accéder aux données, ou les intégrer, afin de répondre à ces besoins.
La société conçoit des plateformes logicielles permettant aux entreprises d’intégrer leurs données, leurs décisions et leurs activités sur une seule plateforme. Cette plateforme aide l’entreprise à répondre aux questions complexes rapidement, en faisant remonter les bonnes données aux gens qui en ont besoin. Et elle le fait en mettant au premier plan de son produit le principe fondamental de confidentialité et de respect des droits fondamentaux.
Voilà pourquoi des services gouvernementaux américains tels que la CIA, la NSA, le CDC, l’Immigration et le Pentagone lui font confiance et font appel à ses services.
Les activités de Palantir ne sont pas sans défi. Les services gouvernementaux se retrouvent avec énormément de données inutiles, voire « pourries », dans leur multitude de données.
Palantir collecte des éléments provenant du domaine public mais également de la police, de l’armée et des agents (espions). Il peut s’agir de données concernant des informateurs, pas vraiment réputés pour leur honnêteté. Par ailleurs, la société collecte des données liées à des transactions bancaires, aux empreintes digitales, à la circulation routière, aux téléphones mobiles et autres renseignements dont le grand public – comme vous et moi – n’aura jamais la moindre idée.
Le plus étonnant, peut-être, avec cette société, c’est que son premier investisseur a été la CIA. Bon, pas directement la CIA, mais une société de capital-risque appelée In-Q-Tel qui a été mise sur pied par la CIA. C’est ce qui arrive, quand le fondateur de Palantir n’est autre que Peter Thiel. Le concept de départ est venu d’un service de PayPal, la société de Thiel, qui avait été utilisé pour tenter d’identifier les transactions frauduleuses. Il a ensuite évolué pour traquer les terroristes.
On profite de l’incompréhension du marché
Il y a quelques semaines, juste avant que la société n’entre au New York Stock Exchange via la cotation directe, la direction de Palantir a évoqué les estimations relatives au 3e trimestre 2020, et en a fourni certaines concernant la totalité de l’exercice.
La société pense générer un chiffre d’affaires de 278 à 280 M$ au 3e trimestre, soit une forte croissance de 47%. Le bénéfice d’exploitation devrait se situer dans une fourchette de 60 à 62 M$.
Palantir ne réalisera aucun bénéfice sur ce trimestre, ni sur l’exercice. En fait, l’entreprise n’en a jamais réalisé depuis 2008. Quand on a des rémunérations en actions représentant plus de trois fois le chiffre d’affaires, cela a ce type d’impact sur le résultat.
Cela dit, je ne suis pas obsédé par les charges non financières, même si elles se situent dans la fourchette des 815 à 875 M$. Je me concentre davantage sur le résultat d’exploitation et la trésorerie disponible. Et pour la totalité de l’exercice, ce résultat d’exploitation devrait se situer aux alentours de 121 M$, avec une croissance du chiffre d’affaires de 42% malgré l’impact du COVID-19 sur les économies mondiales.
Il y a autre chose à prendre en compte, lorsque l’on étudie le chiffre d’affaires actuel et les modèles de profit : jusqu’en 2016, la plupart des services gouvernementaux installaient le logiciel de Palantir sur du matériel dont ils étaient propriétaires. Cela signifiait que chaque fois que le code était mis à jour par Palantir, soit la société, soit le service utilisant le logiciel devait mettre à jour le système manuellement.
Cela a changé en 2016, avec le lancement de la plateforme SaaS (« Software-as-a-Service » : logiciel à la demande) de Palantir. Tous les nouveaux clients ont opté pour cette plateforme. Bien entendu, beaucoup d’entités gouvernementales étaient déjà clientes avant 2016, et nous savons que ces services évoluent à la vitesse d’un escargot lorsqu’il s’agit de réaliser des changements, mais on devrait considérer cela comme un moteur pour la plateforme SaaS de Palantir.
Une croissance aux alentours de 45% n’a rien de super exaltant pour un acteur du cloud, mais Palantir déploie également des équipes d’ingénieurs qui customisent le logiciel pour ses clients. Et cette activité fait partie du segment « consulting » de l’entreprise. Or ce type de croissance a plutôt bonne allure, pour une société de consulting, et cela explique également que la marge brute moyenne de Palantir soit légèrement plus faible que celle du secteur, comparée à ses concurrents de l’univers des logiciels/du cloud.
Lorsqu’une société est à ce point liée à des agences gouvernementales, je ne crains pas qu’elle fasse faillite de sitôt. Ses logiciels sont complexes. Son système est complexe. Ce qu’elle analyse est complexe.
Or le marché garde ses distances avec la complexité et les choses qu’il ne peut comprendre. Et cela veut dire qu’il va nous verser un joli revenu, grâce à cette complexité.
Voici comment nous allons procéder…
Action à prendre :
Vendre 10 puts PLTR NOV2020 9 P.
C’est une option de vente sur Palantir Technologies (PLTR) d’expiration 20 novembre 2020 et de strike 9 $. Ce put est actuellement au prix de 0,47 $ (bid à 0,45 $ et ask à 0,50 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 470 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions PLTR – mais seulement si l’action est en dessous de 9 $ à l’expiration le 20 novembre.
Si cela se produit, nous devrons investir 900 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 10 contrats, c’est 9 000 $ – moins les 470 $ recueillis – pour acheter 1 000 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 9 $ à l’échéance, alors nous empochons les 470 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente PLTR du 20 novembre 2020, 9 $ :
- Le symbole est PLTR201120P00009000.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) PLTR.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (novembre 2020).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 20 novembre 2020).
- Choisissez le prix d’exercice de 9 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (10 contrats dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 0,47 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 0,40 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 0,47 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 0,40 $.
Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Pour avoir les niveaux du bid et du ask en temps réel et ainsi réaliser un trade pertinent par rapport au prix du marché, il est fortement recommandé de prendre l’abonnement aux données en temps réel pour les options US chez votre broker.
Sincèrement,
James Altucher

