
Enfant, je ne m’intéressais pas au sport, mais j’adorais l’émission Battle of the Network Stars.
Cette émission mettait en scène les stars des trois principales chaînes de télévision – ABC, NBC et CBS – qui s’opposaient lors de différents évènements sportifs. Il s’agissait de matchs de tennis et de volley-ball, de parties de golf, de compétitions de kayak, de vélo et de natation. Il fallait marquer des points jusqu’à ce que l’une des chaînes soit éliminée.
La finale était une partie de tir à la corde entre les deux chaînes encore en course.

ABC, NBC et CBS se sont disputé les téléspectateurs pendant des dizaines d’années avant que Fox ne devienne la 4e chaîne de télévision américaine. Mais c’était tout ce qu’il y avait. Un seul modèle de base.
Certes, au fil du temps, d’autres chaînes sont apparues, notamment les chaînes payantes telles que HBO et Showtime, mais les chaînes de télévision sont longtemps restées notre seul option de divertissement.
Jusqu’à l’arrivée de Netflix.
Netflix a non seulement modifié le paysage de ce que nous regardons, mais également notre manière de le regarder. Toute personne disposant d’une connexion Internet et d’un abonnement peut profiter des contenus de Netflix. Bien entendu, ce contenu a évolué au fil des ans, ainsi que la concurrence.
Le nombre de services – dits « cord-cutting » [NDR : incitant les usagers à se désabonner de la télévision payante traditionnelle] – de diffusion en streaming est devenu hallucinant. PC Magazine présente très bien tous ces services dans l’infographie ci-dessous :

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Techniquement, Peacock n’est pas un service de type cord-cutting, mais une évolution du câble : même si vous êtes une chaîne du câble, il vous faut une composante streaming pour exercer vos activités.
La notion de cord-cutting ne concerne pas que le service mais également la plateforme. On ne peut tout simplement pas lancer Sling, Netflix ou Amazon Prime sur un téléviseur sans une plateforme permettant d’accéder au contenu.
Et c’est là qu’entre en jeu notre recommandation d’aujourd’hui : Roku (NASDAQ : ROKU).
À la tête de la révolution du cord-cutting
Roku propose des équipements low-cost et des interfaces faciles à utiliser pour accéder aux contenus en streaming. Roku conclut des accords licences sur son logiciel avec les fabricants de téléviseurs pour créer des télévisions intelligentes intégrant la plateforme Roku.
Cela représente une transition importante, pour cette société, dans la mesure où elle s’éloigne du « hardware » (matériel physique) pour se concentrer sur le « software » (logiciel).
Il existe clairement des dizaines de façons de regarder quelque chose en streaming, aux États-Unis, mais malgré de redoutables concurrents tels que la PlayStation de Sony, la Xbox de Microsoft, Apple, Amazon, Google et Tizen (projet open source soutenu par Intel et Samsung), Roku caracole en tête.

Bon, ce qu’il y a de plus surprenant, c’est que l’action Roku a plongé brutalement au cours de ces dix derniers jours. Les actions ont cédé 40%, environ, dans un contexte où de nouveaux concurrents ont annoncé leur intention d’aborder ce marché, notamment du côté des contenus en streaming.
Il est important de se rappeler que Roku n’est pas axé sur le contenu (bien qu’avec Roku Channel, la société propose bien ses propres offres aux utilisateurs, en plus de Netflix, Hulu, Disney+, Apple TV, YouTube TV, etc.).
Si la chute de l’action s’est amorcée à l’annonce du lancement d’Apple TV+ et de Portal TV de Facebook, elle s’est réellement accélérée la semaine dernière lorsque la société Comcast a annoncé qu’elle allait offrir gratuitement un boîtier de streaming Xfinity Flex aux personnes s’abonnant à son Internet haut débit.
Immédiatement, les analystes de Pivotal Research ont dégradé la note de l’action ROKU, craignant que le prix des boîtiers périphériques de Roku soit désormais voué à dégringoler.
En théorie, le raisonnement est juste… mais erroné en réalité. Car cette note dégradée n’intègre pas certaines informations essentielles.
Premièrement, le boîtier Xfinity Flex coûte 5 $ par mois aux abonnés de Comcast : c’est énorme. Pour eux, ces 5 $ font désormais la différence entre l’achat ou non du matériel Roku.
Deuxièmement, seul le premier boîtier (décodeur) est gratuit, et ne correspond qu’à un seul téléviseur. Si vous voulez équiper plus d’un téléviseur, alors il faut payer 5 $ par mois par téléviseur. Or qui ne possède qu’un seul téléviseur de nos jours ? Peut-être si vous vivez seul, mais c’est tout. Et j’ai bien dit « peut-être ».
Troisièmement, et c’est le plus important : la direction de Roku a anticipé depuis plus d’un an cette transition l’éloignant du hardware, et la société s’est déjà réorientée vers le côté software de la plateforme.
Autrement dit, elle est consciente de la compression des prix du hardware et a déjà pris une longueur d’avance.
Il ne faut pas oublier non plus que ceux qui choisissent le boîtier Xfinity Flex de Comcast vont peut-être payer leur service Internet plus cher, en contrepartie.
Comcast n’a pas la réputation d’être un fournisseur low-cost, quels que soient ses services. En vérité, il se pourrait bien que Comcast génère un coût de connexion supplémentaire au lieu d’apporter une réelle valeur ajoutée.
Des résultats positifs
Si l’on étudie les derniers rapports financiers de Roku, on découvre que les revenus émanant de sa plateforme sont désormais deux fois plus importants que ceux générés par le hardware, et qu’ils ont progressé de 86% d’une année sur l’autre, comparés à la progression de 24% enregistrée sur le hardware. C’est également là que se situe sa marge brute de 96%.
Au deuxième trimestre, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 250,1 M$ au lieu des 224,2 M$ estimés par le consensus des analystes. La direction a également indiqué que son chiffre d’affaires augmenterait au troisième trimestre ainsi que sur la totalité de l’exercice.
Les informations concernant le deuxième trimestre sont les suivantes :
- un chiffre d’affaires net de 250,1 M$, soit une progression de 59% d’une année sur l’autre ;
- le chiffre d’affaires généré par la plateforme s’est élevé à 167,7 M$, soit une progression de 86% d’une année sur l’autre ;
- les comptes actifs sont au nombre de 30,5 millions, soit une augmentation nette de 1,4 million par rapport au trimestre précédent ;
- la durée de visionnage a augmenté de 0,5 milliard d’heures par rapport aux 9,4 milliards d’heures enregistrées au premier trimestre, soit une progression de 72% d’une année sur l’autre ;
- le revenu moyen par utilisateur est de 21,06 $, soit une augmentation de 2 $ par rapport au premier trimestre 2019 ;
- le bénéfice brut est de 114,2 M$, soit une progression de 47% d’une année sur l’autre ;
- à la fin du trimestre, la société affichait une trésorerie de 387 M$ en liquidités.
Les trois raisons justifiant de soutenir Roku
En conservant tout cela à l’esprit, il est également important de noter que Roku n’a fait qu’effleurer ses opportunités internationales. Il semblerait que le Brésil et le Royaume-Uni soient une première étape. Mais Roku ne va pas s’arrêter là.
La technologie et le streaming continuent de progresser partout dans le monde. Cette expansion internationale devrait permettre d’alléger la pression que la baisse des prix du hardware pourrait exercer sur Roku.
Roku possède trois éléments clés pour bâtir le succès de sa plateforme de publicité numérique :
- une audience convoitée ;
- une portée adaptée ;
- et des données propriétaires permettant de produire des résultats pour les « marketers ».
Ses données et modèles prédictifs déterminent de plus en plus les films et émission sous licence diffusés sur The Roku Channel, ce qui alimente encore plus la croissance et la monétisation de la chaîne.
Pour la première fois ce trimestre, l’apprentissage automatique est devenu le moteur de la plupart des recommandations de contenu au sein de The Roku Channel. De plus, les données déterministes aident les annonceurs à atteindre encore plus d’utilisateurs Roku, et de façon plus précise.
Enfin, les relations-clients directes de Roku ainsi que les données guident l’entreprise dans la création de nouveaux formats publicitaires apparaissant sur les écrans de nos foyers et dans l’expérience des utilisateurs.
Tout cela signifie que le marché a réagi de façon exagérée face aux actions de la concurrence et que cela nous offre une excellente opportunité de détenir le meilleur acteur du streaming.
Et voici comment nous allons procéder.
Action à prendre :
Vendre 1 put ROKU NOV2019 100 P.
C’est une option de vente sur Roku (NASDAQ : ROKU) d’expiration 15 novembre 2019 et de strike 100 $. Ce put est actuellement au prix de 9,35 $ (bid à 9,20 $ et ask à 9,45 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 935 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions ROKU – mais seulement si l’action tombe en dessous de 100 $ à l’expiration le 15 novembre.
Si cela se produit, nous devrons investir 10 000 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 1 contrat, c’est 10 000 $ – moins les 935 $ recueillis – pour acheter 100 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 100 $ à l’échéance, alors nous empochons les 935 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente ROKU du 15 novembre 2019, 100 $ :
- Le symbole est ROKU191115P00100000.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) ROKU.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (novembre 2019).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 15 novembre 2019).
- Choisissez le prix d’exercice de 100 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (1 contrat dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 9,35 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 8,50 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 9,35 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 8,50 $. Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Pour avoir les niveaux du bid et du ask en temps réel et ainsi réaliser un trade pertinent par rapport au prix du marché, il est fortement recommandé de prendre l’abonnement aux données en temps réel pour les options US chez votre broker.
Sincèrement,
James Altucher

