
Vous connaissez l’expression « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » ?
Personnellement, je la comprends parfaitement. Quelque chose que l’on possède déjà a plus de valeur que plusieurs choses que l’on n’a pas encore. Et il n’y a aucune garantie qu’on les obtienne, d’ailleurs.
Tout est une question de risque et de récompense. Dans l’un des scénarios (un tiens), la récompense est plus modeste, mais ne présente aucun risque. Dans l’autre (deux tu l’auras), la récompense est plus importante mais présente un risque.
C’est ironique, mais c’est précisément pour cela que Wall Street pénalise une société. La recommandation d’aujourd’hui, Peloton Interactive (NASDAQ : PTON), en est le parfait exemple. Et nous allons profiter du peu de vision de Wall Street pour générer un revenu instantané !
Si vous n’aviez jamais entendu parler de Peloton avant la période des fêtes, alors peut-être avez-vous découvert cette entreprise quand sa publicité est devenue virale, aux États-Unis. Vous avez peut-être vu passer la photo de cette actrice qui s’est entraînée dans la tourmente.

Ce n’est pas faux, mais c’est simpliste.
La société se présente comme un spécialiste des équipements de cardio-training connectés. Elle propose le vélo Peloton bike, le tapis de course Peloton Tread, des accessoires et une application. Ses deux produits, ainsi que son application, offrent des cours à la demande, ainsi que des cours diffusés en direct avec, éventuellement, de la musique.
Les clients peuvent acheter directement via des showrooms (96 au total) et le site Internet de l’entreprise.
Peloton offre un vaste potentiel à long terme
La capacité de cette société à réaliser des profits et à maintenir son élan a suscité des doutes. Il existe une idée répandue selon laquelle Peloton et toute cette exaltation autour des équipements de cardio-training seraient juste un engouement passager.
C’est tout à fait faux. Inutile de mâcher les mots. Le running, le vélo, l’aviron et la natation existent depuis très longtemps, et depuis plus longtemps que nous, sauf si vous êtes né en 1816.
Certes, les tendances de base peuvent changer, tout comme les méthodes et les accessoires, en tant que sous-ensemble, mais c’est un concept qui résiste aux récessions. Les dépenses de fitness ont augmenté chaque année, 15 ans de suite, et même pendant la crise financière.
Avec la montée en puissance de la société CrossFit, nous avons vu le fitness pluridisciplinaire devenir de plus en plus populaire, au fil des ans. CrossFit est désormais 150 fois plus importante que Soul Cycle. Et même Orange Theory est 15 fois plus importante que Soul Cycle.
Peloton est déjà bien établi dans le secteur du vélo d’exercice. Dernièrement, la société a intégré le running – via le tapis de course – dans son offre de produits. Même si la société n’a aucune intention d’introduire une machine – ou des cours – de natation, ses dirigeants considèrent que le marché du rameur pourrait être une cible légitime. Ils ont également augmenté leur offre de cours pour y intégrer le yoga, la méditation et le stretching.
Côté digital, la société possède également une application pour l’Apple Watch permettant aux utilisateur de suivre les données de leurs activités de fitness, et de regarder des cours diffusés en streaming sur Amazon Fire TV.
En ce qui concerne la demande de fitness, dans le monde, les chiffres sont impressionnants. Aux États-Unis, il y a 70 millions d’adultes concernés, et ce chiffre bondit à 1,9 milliard de personnes dans le monde.
Le marché des vélos d’exercice a atteint 500 M$ en 2019. Au cours des cinq années à venir, il devrait atteindre 600 M$. Et il ne s’agit que de la part « équipements » de ce marché. Peloton Interactive affichant une capitalisation boursière de 8 Mds$, la part des abonnements numériques est importante, pour justifier cette capitalisation boursière.


Acheter un vélo ou un tapis de course, ce n’est pas forcément bon marché. Le prix d’un vélo démarre à 2 245 $ – ou 58 $ par mois – alors que celui d’un tapis de course démarre à 4 295 $ ou 111 $ par mois. Dans les deux cas, le contrat court 39 mois. Cet abonnement « fitness digital »coûte 39 $ de plus par mois.
Alors pourquoi les gens paieraient-ils ces sommes pour faire de l’exercice chez eux, avec un seul équipement, au lieu d’aller en salle ?
- Pour éviter d’être intimidés dans un cours collectif de fitness ou dans une salle de sport.
- Pour gagner du temps en évitant les aller-retour à la salle de sport.
- Par confort : prendre sa douche chez soi après les exercices.
- Pour avoir de meilleurs instructeurs. Peloton n’a pas besoin de tant d’instructeurs et peut donc s’offrir les meilleurs.
Il y a eu des réactions négatives, lorsque la société a baissé le prix de son abonnement de 19,49 $ à 12,99 $ par mois. Certains se sont demandés pourquoi Peloton – en tant que précurseur – se faisait concurrence à lui-même, mais la direction sait que la concurrence va arriver. Plus elle construit sa marque rapidement, ainsi que son socle de clients, plus elle renforce ses parts de marché.
Dans son dernier rapport financier relatif au 2e trimestre, elle a montré aux investisseurs que ce modèle peut être puissant. Peloton a publié un chiffre d’affaires de 466,3 M$ alors que les prévisions tablaient sur 421,37 M$ seulement. La société a décroché 149 000 nouveaux abonnés, ce qui porte le nombre total d’abonnés « fitness connecté » à 712 005, soit une progression de 96% par rapport à l’année précédente. Et bien que la société affiche une perte de 0,20 $ par action, c’est 0,16 $ de mieux que prévu.
Pour le 3e trimestre, la direction a indiqué qu’elle prévoyait un chiffre d’affaires variant de 470 à 480 M$, soit en dessous des 497,4 M$ actuellement prévus. Et donc, l’action a été pénalisée, mais cela pourrait être considéré comme une opportunité.
La campagne marketing de Peloton, pendant les fêtes, a fait augmenter le taux de conversion sur le site de vente en ligne et les showrooms, sans avoir d’impact négatif sur les taux de retour. De plus, des délais de livraison plus courts que prévu ont transféré le chiffre d’affaires sur le 2e trimestre au lieu du 3e trimestre.
Cette société génère un chiffre d’affaires. Et elle a des abonnés. Elle détient déjà ces deux éléments. Voilà pourquoi les résultats du deuxième trimestre ont surpassé les prévisions. Mais il semblerait que Wall Street pénalise la société pour avoir trop bien fait.
Et voici comment nous allons exploiter cette réaction exagérée de Wall Street.
Action à prendre :
Vendre 3 puts PTON MAR2020 26 P.
C’est une option de vente sur Peloton Interactive (NASDAQ : PTON) d’expiration 20 mars 2020 et de strike 26 $. Ce put est actuellement au prix de 1,70 $ (bid à 1,60 $ et ask à 1,75 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 510 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions PTON – mais seulement si l’action tombe en dessous de 26 $ à l’expiration le 20 mars.
Si cela se produit, nous devrons investir 2 600 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 3 contrats, c’est 7 800 $ – moins les 510 $ recueillis – pour acheter 300 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 26 $ à l’échéance, alors nous empochons les 510 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente PTON du 20 mars 2020, 26 $ :
- Le symbole est PTON200320P00026000.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) PTON.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (mars 2020).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 20 mars 2020).
- Choisissez le prix d’exercice de 26 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (3 contrats dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 1,70 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 1,50 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 1,70 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 1,50 $.
Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Pour avoir les niveaux du bid et du ask en temps réel et ainsi réaliser un trade pertinent par rapport au prix du marché, il est fortement recommandé de prendre l’abonnement aux données en temps réel pour les options US chez votre broker.
Sincèrement,
James Altucher

