
Chaque année, une menace guette l’humanité. Et parfois, c’est un report de l’année précédente.
Enfant, la menace d’un holocauste nucléaire ou d’une troisième guerre mondiale pesait sur nous quotidiennement.
Plus tard, j’ai été quasiment convaincu d’être condamné à contracter le VIH, à en croire les gros titres des médias.
En 1999, je me suis surpris à stocker des boîtes de conserve car on pensait qu’à minuit la veille du Nouvel An, tout allait subitement cesser de fonctionner. Les avions allaient s’écraser, il y aurait des émeutes dans les rues, Internet allait planter et le lait allait tourner instantanément.
Or rien de tel ne s’est produit.
Ensuite il y a eu le virus du Nil Occidental, le SARS, la grippe aviaire, la grippe porcine, Ebola, et même le calendrier maya [NDR : courant prédisant notamment la fin du monde en 2012].
Et nous voilà face à un nouveau venu, sur cette liste : le coronavirus.
Alors, est-ce que c’est grave ? Personne ne semble le savoir vraiment, encore. En fonction des théories, ce n’est pas grand-chose et c’est peut-être la fin du monde.
À mon avis, le véritable risque se situe entre les deux. Mais aujourd’hui, nous détenons un avantage qui n’existait pas autrefois : la technologie.
La réaction immédiate des traders consiste à acheter des actions de petits biotechs recherchant frénétiquement un remède. Mais cela pourrait prendre des années.
La plupart de ces entreprises, si ce n’est la totalité, n’encaisseront jamais un centime de recettes provenant du coronavirus. Ce n’est pas la première pandémie éventuelle, et ce ne sera certainement pas la dernière. Et chaque fois, cela se passe de la même façon.
Les traders font grimper le prix de petites sociétés inconnues sur l’infime probabilité que l’une d’entre elles tape dans le mille.
Cela n’arrive jamais. Le taux de mortalité des entreprises courant après un remède contre le coronavirus sera 20 fois plus élevé, en fait, que celui du virus.
Tous ceux qui n’achètent pas les actions des petites biotechs se débarrassent de tout le reste. Les traders ont fait bondir la volatilité à des niveaux que nous ne constatons qu’une fois de temps en temps.
Et ce sont des périodes idéales, pour saisir des opportunités de revenu instantané, à Wall Street.
L’ère du télétravail
La technologie est un nouveau paramètre entrant dans ces scénarios.
Dans un contexte où les gouvernements ferment les écoles et encouragent le télétravail, une société devrait énormément en bénéficier : Slack (NYSE : WORK).
Nous nous sommes déjà servis de la volatilité associée à ce titre pour générer un revenu au sein de notre portefeuille. Or considérant que la volatilité fortement accrue sur le marché – et la situation actuelle dans le monde entier – nous allons recommencer.
Slack a fait les gros titres, en début de mois – bien avant que le coronavirus ne les domine – à l’annonce qu’IBM faisait évoluer son personnel vers les services de Slack.
L’action a flambé jusqu’à ce que la direction de Slack publie un communiqué indiquant qu’IBM était déjà le plus gros client de Slack depuis des années.
Premièrement, on peut féliciter la direction de Slack, qui n’a pas laissé une fausse information se répandre sur le marché sans la corriger.
Deuxièmement, quelqu’un devrait s’occuper de celui qui a rédigé cet article, car il a certainement fait perdre beaucoup d’argent aux traders.
Troisièmement, même si une partie des gains réalisés grâce à cette histoire a été effacée, cela a fait ressurgir ce titre – qui était en difficulté – sur le radar des investisseurs.
Beaucoup d’entre eux ne s’étaient pas rendu compte à quel point Slack était une technologie vaste et dominante, dans l’univers des technologies collaboratives.
Et pas plus tard qu’il y a une semaine, un autre article a annoncé qu’Uber, avec ses 38 000 employés, allait effectuer une transition vers Slack. C’est un succès majeur pour l’entreprise.
Il est important de souligner que cela s’est produit en dehors du périmètre d’influence du coronavirus, mais ces types de gros titres sont à même d’attirer l’attention d’entreprises envisageant de moderniser leur communication sur le lieu de travail, ou celles qui en ont besoin pour survivre, considérant les obligations de télétravail édictées par le gouvernement.
Un potentiel de hausse considérable
La société a l’intention de publier ses résultats mi-mars.
Il est peut-être trop tôt pour que les investisseurs voient clairement les bienfaits potentiels du coronavirus, mais je pense que Slack va publier de solides résultats.
Au trimestre dernier, Slack a publié une modeste perte de 0,02 $ par action, sur un chiffre d’affaires de 168,7 M$. Ces deux résultats ont surpassé les prévisions.
Ses concurrents, Atlassian et Microsoft, ont tous deux publié de solides résultats, récemment, concernant leurs segments dédiés aux outils collaboratifs.
Atlassian se concentre énormément sur ce domaine, alors que les technologies collaboratives ne représentent qu’un infime segment des activités de Microsoft. Ces résultats sont de bon augure, pour Slack, dans la mesure où cela prouve qu’il existe une impulsion généralisée dans ce domaine.
Slack est entré en Bourse (IPO) en juin 2019, avec un titre évalué à 26 $.
En septembre, le titre a clôturé en dessous des 26 $, et ne s’est jamais redressé avant le début du mois de février 2020. Même si cela semble sans importance, c’est considérable, psychologiquement.
Beaucoup de fonds et investisseurs institutionnels – même ceux qui ont investi dans l’entreprise avant son introduction en Bourse – achètent une action comme celle de Slack lors de son introduction en Bourse, en plus des titres qu’ils détiennent déjà.
Il s’agit d’investisseurs à long terme, et non de traders. Mais chose curieuse, en général, ils ne renforcent pas leur position si le titre tombe en dessous de son cours d’introduction.
Je sais, c’est fou. N’est-ce pas ?
On pourrait imaginer qu’ils profiteraient d’une baisse pour acheter, mais ils considèrent que cette stratégie consisterait à gaspiller de l’argent sur un mauvais cheval. En revanche, ils renforcent leur position si le titre repasse au-dessus de son cours d’introduction.
Qu’est-ce qui a attiré ces grands investisseurs vers Slack ? Après tout, ce n’est qu’un outil collaboratif de plus.
Le marché de la messagerie, ainsi que toutes les données qu’il renferme, pourraient valoir jusqu’à 86 Mds$. Pour une société dont le chiffre d’affaires a été inférieur à 600 M$, l’an dernier, cela laisse une marge de progression considérable, que l’épidémie de coronavirus lui soit bénéfique ou non.
Action à prendre :
Vendre 4 puts WORK APR2020 25 P.
C’est une option de vente sur Slack (NYSE : WORK) d’expiration 17 avril 2020 et de strike 25 $. Ce put est actuellement au prix de 1,95 $ (bid à 1,90 $ et ask à 2 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 780 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions WORK – mais seulement si l’action tombe en dessous de 25 $ à l’expiration le 17 avril.
Si cela se produit, nous devrons investir 2 500 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 4 contrats, c’est 10 000 $ – moins les 780 $ recueillis – pour acheter 400 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 25 $ à l’échéance, alors nous empochons les 780 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente WORK du 17 avril 2020, 25 $ :
- Le symbole est WORK200417P00025000.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) WORK.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (avril 2020).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 17 avril 2020).
- Choisissez le prix d’exercice de 25 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (4 contrats dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 1,95 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 1,50 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 1,95 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 1,50 $. Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Pour avoir les niveaux du bid et du ask en temps réel et ainsi réaliser un trade pertinent par rapport au prix du marché, il est fortement recommandé de prendre l’abonnement aux données en temps réel pour les options US chez votre broker.
Sincèrement,
James Altucher

