
Au début de l’année, le COVID-19 n’était encore qu’une tragédie dont nous étions les spectateurs passifs.
Nous regardions les informations émanant de Chine, et certains d’entre nous n’y croyaient qu’à moitié, d’autres regardaient cela comme un film se déroulant dans le monde réel, ou étaient contents que cela n’arrive pas chez eux.
Les vidéos diffusées montraient des Chinois – et, plus tard, des Sud-Coréens – portant des masques pour vaquer à leurs occupations quotidiennes.
Dans certains États américains, certaines personnes ont « paniqué » et commencé à stocker des masques, et notamment les masques N95 [NDR : équivalent du masque FFP2 européen]. Ces équipements de protection individuelle (EPI) sont utilisés pour se protéger de particules en suspension dans l’air, et de liquides susceptibles de contaminer le visage.
Considérant qu’il n’existait que 5 cas de COVID-19 aux États-Unis, à l’époque – et tous revenant de régions infectées d’Extrême-Orient – les autorités ont déclaré que les Américains n’avaient pas besoin de porter des masques.
Et à peine trois mois plus tard, pratiquement toutes les régions des États-Unis exigent désormais que l’on porte un masque dans les espaces publics. Quant aux déplacements, ils se limitent aux trajets impératifs (bien que cela ne soit pas contrôlé, pour l’essentiel, dans de grandes parties du pays).
Les magasins tels que Walmart et Target contrôlent à l’entrée de leurs sites que les clients portent bien un masque.
Le problème, c’est l’approvisionnement. Le masque idéal – N95 – est introuvable.
Ces personnes qui ont paniqué – ou surréagi – au départ sont bien contentes à présent, alors que le reste du pays se replie sur un bandana, des masques faits maison, Etsy ou dans certains cas des moitiés de soutien-gorge, pour se couvrir la bouche en public.
Au début de cette pandémie, la production mondiale de masques représentait 20 millions d’unités par jour. Puis la demande s’est envolée pour atteindre 50 à 60 millions de masques par jour. Rien qu’aux États-Unis, on anticipe qu’il faudra au moins 3,5 milliards de masques.
Alors que 3M accélère sa production pour contribuer à satisfaire la demande, celle-ci s’étend à d’autres équipements. Beaucoup de ces fournisseurs sont des sociétés chinoises non cotées, mais je parie que le gouvernement américain souhaitera, dans la mesure du possible, que les masques vendus aux citoyens américains soient de fabrication américaine.
Et c’est là qu’entre en jeu notre recommandation d’aujourd’hui : Alpha Pro Tech (AMEX : APT).
Un catalogue vital en période de COVID-19
Alpha Pro Tech conçoit, fabrique et commercialise des équipements de protection jetables innovants pour les marchés de l’industrie et du secteur médical et dentaire (masques, visières, surblouses, blouses).
Elle fabrique et commercialise également, sous la marque TECHNO, une ligne de produits d’imperméabilisation pour la construction, dont des films pour façades et des écrans de sous toiture.
Alpha Pro Tech est entrée en scène en février en annonçant avoir reçu 10,4 M$ de commandes de ses masques N95, soit 24 fois le chiffre d’affaires réalisé par l’entreprise, à produit et période équivalents, depuis 2016 !
En mars, ces commandes ont atteint 22,6 M$, et la société estimait qu’elles représentaient 30% de son carnet de commande du 1er trimestre. Elle estimait également qu’elles représenteraient 14,1 M$ supplémentaires au 2e trimestre. Et il y a deux semaines, elle a actualisé les chiffres pour les porter à 36,7 M$ !
Rappelez-vous, les masques ne sont pas les seuls EPI que fabrique cette entreprise. Elle produit également des combinaisons intégrales, des visières et des surchaussures.
Les commandes de visières ont bondi à 11,6 M$ au 7 avril alors qu’elles ne représentaient que 1,6 M$ le 11 mars.
Sur la totalité de l’exercice 2019, Alpha Pro Tech a réalisé un chiffre d’affaires de 46,7 M$ et dégagé un bénéfice de 0,23 $ par action. Et ces chiffres n’avaient pratiquement pas évolué par rapport à 2018.
Or rien qu’avec les masques et les visières, la société a engrangé 48,3 M$ de commandes dès le mois d’avril 2020 ! En trois mois et demi, cela représente plus que la totalité de son chiffre d’affaires de 2019 !
Et cela ne tient pas compte des combinaisons, blouses de laboratoire, surchaussures et charlottes utilisées par les personnes qui sont en première ligne. Selon la direction, la demande concernant ces produits enregistre également une énorme progression.
Cette augmentation exponentielle génère des commandes qui s’étalent jusqu’au 1er semestre 2021.
La capacité de réussir
Les vendeurs à découvert (pari à la baisse/position vendeuse) parient contre le cours de cette action, dans la mesure où 25,4% des actions en circulation sont empruntées, actuellement. Mais Alpha Pro Tech en a vu d’autres. La société existe depuis 30 ans et a prospéré pendant les périodes des virus Ebola, MERS et H1N1.
Alors que ses marges brutes étaient plus faibles en 2019 qu’en 2018, cette tendance a déjà changé pour 2020. Les marges brutes sur les masques N95 sont considérablement plus élevées que celles enregistrées au cours des deux exercices précédents.
Avec la flambée de la demande en faveur de masques N95, la direction prévoit que ses marges brutes seront plus élevées aux 1er et 2e trimestres, et potentiellement sur le reste de l’année.
Ironiquement, les ventes d’équipements jetables étaient en baisse de 500 000 $ l’an dernier, mais ce segment va offrir une énorme croissance à Alpha Pro Tech, cette année.
Et l’entreprise affiche 6,5 M$ de trésorerie dans ses comptes, aucun passif, et elle est rentable – ce qui ne gâche rien.
Des catalyseurs exaltants à l’horizon
Et au beau milieu de toute cette exaltation, la société vend également ses produits de construction.
L’an dernier, les ventes de sa gamme de produits TECHNO, notamment les écrans de sous toiture et les films d’imperméabilisation, ont augmenté de 36,3% grâce à la progression de la construction de logements neufs aux États-Unis.
Les taux d’intérêts affichant une faiblesse record, et le stimulus budgétaire inondant le système, il se pourrait que la construction augmente fortement lorsque le COVID-19 se dissipera.
La construction de logements neufs a été classée comme activité essentielle, alors elle se poursuit malgré les ordres de confinement.
Ironiquement, Alpha Pro Tech pourrait faire coup double, dans la mesure où les besoins en équipements de protection destinés aux ouvriers des chantiers vont augmenter. Il est possible qu’Alpha Pro Tech vende des masques N95 aux constructeurs, en plus de ses produits TECHNO.
Bien que l’action ait déjà bondi, cette année, elle a opéré un repli dans une zone où je considère qu’elle est évaluée à sa juste valeur, avec de nombreux catalyseurs se profilant à l’horizon et la régularité de ses activités actuelles.
Wall Street est prêt à verser un revenu attractif pour que nous achetions, potentiellement, ces actions à un prix inférieur.
Action à prendre :
Vendre 3 puts APT MAY2020 12,5 P.
C’est une option de vente sur Alpha Pro Tech (NASDAQ : APT) d’expiration 15 mai 2020 et de strike 12,50 $. Ce put est actuellement au prix de 1,80 $ (bid à 1,75 $ et ask à 1,85 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 540 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions APT – mais seulement si l’action tombe en dessous de 12,50 $ à l’expiration le 15 mai.
Si cela se produit, nous devrons investir 1 250 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 3 contrats, c’est 3 750 $ – moins les 540 $ recueillis – pour acheter 300 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 12,50 $ à l’échéance, alors nous empochons les 540 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente APT du 15 mai 2020, 12,50 $ :
- Le symbole est APT200515P00012500.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) APT.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (mai 2020).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 15 mai 2020).
- Choisissez le prix d’exercice de 12,50 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (3 contrats dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 1,80 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 1,50 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 1,80 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 1,50 $.
Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Pour avoir les niveaux du bid et du ask en temps réel et ainsi réaliser un trade pertinent par rapport au prix du marché, il est fortement recommandé de prendre l’abonnement aux données en temps réel pour les options US chez votre broker.
Sincèrement,
James Altucher

