
L’apparition – ou plus précisément, la renaissance – des SPAC [NDR : Special purpose Acquisition Corporation : aux États-Unis, société sans activité opérationnelle qui a pour objectif d’acquérir des entreprises et des actifs via des acquisitions] est un sujet clivant.
Les petits investisseurs les adorent, alors que les banquiers « old-school » de Wall Street chantent les louanges des introductions en Bourse traditionnelles (IPO).
Si vous me demandez pourquoi, la réponse tient en un mot : l’argent.
Introduire en Bourse des entreprises non cotées par une fusion inversée via une SPAC ne remplace pas le marché des IPO. La semaine dernière, trois énormes IPO ont débarqué sur le marché et reçu un accueil fantastique. Snowflake, JFrog et Unity Software ont toutes les trois enregistré des gains énormes allant de 40 à 100% dès leur premier jour de cotation.
Alors Wall Street peut respirer. Les milliards d’honoraires perçus sur les nouvelles introductions en Bourse seront préservés pendant des années. Nous avons même constaté que certains d’entre eux étaient également impliqués dans des SPAC. Il y a de l’argent à en tirer et, pour nous, c’est aussi un revenu important.
Voilà pourquoi nous continuons à revenir sur ces positions.
Les opportunités naissent des SPAC
Sur ces sociétés, la volatilité est élevée et le nombre d’actions négociables (flottant) est faible.
C’est une combinaison qui donne lieu à d’énormes primes sur le marché des options. Rajoutez-y une tonne de momentum et d’intérêt des investisseurs et vous obtenez une opportunité.
Une opportunité que nous continuerons d’exploiter pour générer un revenu tant que le marché nous en offre la possibilité.
Et les meilleures opportunités émanent des SPAC qui ont récemment ouvert des contrats d’option, comme c’est le cas de notre recommandation d’aujourd’hui : Spartan Energy Acquisition Corp. (NYSE : SPAQ), dont le symbole boursier est l’homonyme de SPAC.
Spartan Energy Acquisition rachète le constructeur de véhicules électriques (« VE ») Fisker.
Fisker porte le nom de son président-directeur général, Henrik Fisker, administrateur d’Aston Martin et concepteur de l’intérieur électrique de la BMW E1 et des modèles Z07 et Z8. Il a également fait faillite sur le marché des VE, au cours de la dernière décennie.
Même si certains y voient une source d’inquiétude, je crois que c’est un avantage. Le marché du VE est si nouveau que des erreurs seront commises, alors je préfère une entreprise dont le dirigeant a de l’expérience, même si c’est celle d’une faillite. On apprend souvent plus de nos échecs que de nos réussites.
La structure de SPAC entourant cette fusion donnera lieu à un PIPE [NDR : Private Investment in a Public Equity : augmentation de capital réservée à certains fonds de capital-investissement] de 500 M$ – en plus des 569 M$ existants dans le trust de Spartan Energy Acquisition – afin d’apporter à Fisker 1 milliard de dollars de liquidités ! Et la société n’a pas de dettes.
Cela offre à l’entreprise tout le capital nécessaire au lancement du SUV Fisker Ocean, son premier véhicule électrique.
Cela représente une fantastique opportunité de marché. Le Fisker Ocean sera un SUV tout électrique très compétitif, haut de gamme mais tout de même abordable, ciblant le segment automobile le plus vaste et à la croissance la plus rapide.
Le segment VE se développe à une vitesse incroyable, affichant un taux de croissance annuel de 30%. De plus, la vente de véhicules SUV est en plein essor aux États-Unis.
La société a l’intention de recourir au partage de plateforme et à un fabricant d’équipements d’origine (« OEM » : Original Equipment Manufacturer) pour la production, la logistique et la chaîne d’approvisionnement, afin de limiter les dépenses et d’éviter de « brûler » du capital.
Actuellement, la société négocie avec Volkswagen un partage de plateforme et un partenariat pour s’approvisionner en composants, mais rien n’a encore été signé. Que ce soit avec Volkswagen ou une autre société, cela devrait accélérer le délai de commercialisation et réduire considérablement les coûts de développement.
Fisker estime que la plateforme de Volkswagen lui permettrait d’intégrer le marché deux fois plus vite, environ. De plus, de multiples véhicules peuvent être produits sur la même plateforme. Cela permettra à Fisker de développer son offre de modèles en moins de temps, en réduisant les coûts et les risques.
En s’associant à un partenaire OEM, Fisker peut limiter le risque lié à l’accélération de la production sans sacrifier la qualité. Cela préservera aussi sa trésorerie et offrira davantage de flexibilité pour évoluer.
Le produit phare de la société est le Fisker Ocean. Au 1er juillet 2020, la société avait déjà 5 500 commandes fermes, avec versement d’acomptes, et 25 000 commandes sans engagement. Cela représente un revenu potentiel de 275 M$ sur les commandes fermes et de 1,3 Md$ sur les commandes sans engagement.
Le SUV est un 5 places, configuré en deux ou quatre roues motrices, son autonomie est de 400 à 480 km, son temps de rechargement de 30 mn pour 80% de son autonomie et il est supporté à 100% par l’application mobile de la société.
Le prix d’achat projeté pour le 4e trimestre 2022 est de 37 499 $ ou de 379 $ par mois, en leasing. Encore plus impressionnant : le leasing peut être annulé à tout moment. Il comprend un service complet et la maintenance pour 48 000 km par an.
Les acheteurs peuvent même réaliser tout le processus via l’application-maison de Fisker, Flexee. Elle recouvre l’achat en ligne, la configuration du véhicule, l’assurance, les paiements, les reprises, l’enlèvement du véhicule, les clés électroniques, la programmation de l’entretien et les diagnostics à bord.
Au lieu de se charger seul de l’entretien des véhicules, Fisker s’apprête à conclure un partenariat avec Pivet. L’entretien sera réalisé sur l’un des 78 sites américains de Pivet – ou de ses 30 sites répartis dans le monde – puis le véhicule sera ramené chez le client.
En ce qui concerne les bornes de rechargement publiques, Fisker se servira du réseau de rechargement ultra rapide d’Electrify America. En outre, les Fisker sont compatibles avec les infrastructures de rechargement existantes, telles que Chargepoint et EVgo.
La société table sur 50 000 SUV minimum en 2023 et un passage à 150 000 d’ici 2024. Cela correspond à un chiffre d’affaires prévisionnel de 3,3 Mds$ en 2023 et de 10,6 Mds$ en 2024. Ces chiffres pourraient générer 100 M$ de trésorerie disponible en 2023 et progresser jusqu’à 1 Md$ l’année suivante.
Voici comment nous allons procéder face à ce modèle économique peu gourmand en actifs, qui limite le risque et adopte une approche moderne…
Action à prendre :
Vendre 8 puts SPAQ NOV2020 12,5 P.
C’est une option de vente sur Spartan Energy Acquisition (NYSE : SPAQ) d’expiration 20 novembre 2020 et de strike 12,50 $. Ce put est actuellement au prix de 2,33 $ (bid à 2,30 $ et ask à 2,35 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 1 864 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions SPAQ – mais seulement si l’action est en dessous de 12,50 $ à l’expiration le 20 novembre.
Si cela se produit, nous devrons investir 1 250 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 8 contrats, c’est 10 000 $ – moins les 1 864 $ recueillis – pour acheter 800 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 12,50 $ à l’échéance, alors nous empochons les 1 864 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente SPAQ du 20 novembre 2020, 12,50 $ :
- Le symbole est SPAQ201120P00012500.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) SPAQ.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (novembre 2020).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 20 novembre 2020).
- Choisissez le prix d’exercice de 12,50 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (8 contrats dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 2,33 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 1,80 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 2,33 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 1,80 $.
Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Pour avoir les niveaux du bid et du ask en temps réel et ainsi réaliser un trade pertinent par rapport au prix du marché, il est fortement recommandé de prendre l’abonnement aux données en temps réel pour les options US chez votre broker.
Sincèrement,
James Altucher

