
J’ai une multitude de rêves. Chaque jour, je me réveille avec de grands projets, certains pour la journée qui s’annonce, et d’autres pour le futur. Même à l’âge de 16 ans, j’avais toutes sortes de rêves.
Mais que l’on puisse gagner assez d’argent en jouant à un jeu vidéo pour changer de vie ? Dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais cru cela possible.
Honnêtement, je n’ai pas la patience de jouer au même jeu vidéo 8 à 10 heures par jour, tous les jours. Mais un adolescent de 16 ans a empoché ainsi la somme de 3 M$, en devenant champion du monde en solo lors de la Fortnite World Cup 2019.


Même s’il faut être le dernier à tenir encore debout pour être désigné « gagnant », la Fortnite World Cup a remis plus de 100 M$ de récompenses.
Un dixième de milliard de dollars pour jouer à des jeux vidéo ! Le joueur classé quatrième a reçu plus d’un million de dollars. Ce n’est même pas ce que vous gagnez au Jeux olympiques en terminant à la quatrième place… Et là, vous vous retrouvez avec un sympathique million !
Si vous ne m’aviez pas cru, lorsque j’ai affirmé que l’eSport allait devenir quelque chose de colossal, alors cette fortune que vient de gagner un adolescent de 16 ans vous fera peut-être changer d’avis.
Pour les investisseurs, il existe d’innombrables moyens de miser sur cette tendance montante.
Aux États-Unis, Twitch – propriété d’Amazon – est le fer de lance des plateformes d’eSport diffusant en direct (« livestreaming« ). YouTube, de Google, lui emboîte immédiatement le pas.
Le problème, sur le plan de l’investissement, c’est que ces entreprises sont énormes, et que l’eSport n’en constitue qu’une petite partie. Alors ce n’est pas à travers elles que nous pouvons tirer parti des revenus de ce secteur.
Je préfère aller chercher ailleurs, là où nous pouvons récupérer notre part des trophées de l’eSport.
Et pour le faire, nous devons prendre la direction de la Chine. Aujourd’hui, je cible tout particulièrement la société possédant la plus vaste base d’utilisateurs de livestreaming, en Asie : DouYu (NASDAQ : DOYU).

DouYu, ainsi que Huya (NYSE : HUYA), que nous détenons déjà, mènent la danse en Chine.
Et vous connaissez la meilleure ? Ces deux entreprises n’ont pas à faire face à la concurrence de sociétés américaines car le gouvernement chinois a interdit aux entités étrangères d’accéder à leur marché.
DouYu – cotée enB depuis peu – est la plus vaste plateforme d’eSport en livestreaming pour téléphones portables et PC. Elle offre une expérience de jeu interactive et immersive.
En termes de base d’utilisateurs, de volume de son offre de jeux ou de ses joueurs vedettes, DouYu est en tête du peloton. Elle a encore du travail à faire pour rattraper Huya en ce qui concerne ses marges et ses revenus, mais l’écart est en train de se réduire.
Cet été, DouYu est entré au NASDAQ en émettant 67,387 millions d’actions. La société a levé plus de 500 M$ pour elle-même, et 250 M$ supplémentaires pour certains actionnaires (« insiders« ) qui ont vendu des actions.
Bon, l’une des grandes critiques formulées à l’encontre de DouYu – lors de son processus d’introduction en Bourse – a été la suivante : son absence de rentabilité.
C’était bien ce qu’il fallait aux investisseurs, non ? Une société de plus qui entre en Bourse alors qu’elle perd de l’argent. Et c’était vrai, dans le cas de DouYu, « était » étant le mot le plus important.
DouYu passe au niveau supérieur
En début de mois, la société a publié son tout dernier rapport financier trimestriel. Ce rapport fait état d’un résultat net de 7,7 M$, au lieu des 32,5 M$ de pertes enregistrées l’année dernière. Ces bénéfices ont été dégagés sur un chiffre d’affaires de 272,8 M$, soit une énorme progression de 133% d’une année sur l’autre. Au trimestre prochain, la direction pense que ce chiffre d’affaires devrait progresser aux alentours des 287 M$.
DouYu affiche une moyenne de 162,8 millions d’utilisateurs mensuels (« MAU » : Monthly Average Users), dont 50,6 millions sur appareils mobiles et 6,7 millions d’utilisateurs payants. Ce dernier chiffre représente plus du double de celui de l’an dernier.
Bon, si vous ne savez pas comment l’eSport et les sociétés de livestreaming gagnent de l’argent en Chine, je dois vous avertir qu’il vous faudra peut-être quelques minutes pour cerner le concept.
Alors que Twitch, basé aux États-Unis, gagne de l’argent grâce aux sponsors et aux annonceurs, DouYu tire ses revenus de cadeaux virtuels. En fait, 91% des revenus de l’entreprise proviennent des utilisateurs qui achètent sur le site des cadeaux destinés à d’autres personnes, habituellement des joueurs.
En termes de diffusion, cela frôle le chaos : il y a un aperçu du jeu, des publicités, un annonceur ou un joueur, un commentaire en cours et des icônes au bas de l’écran sur lesquelles un utilisateur peut cliquer pour acheter un cadeau virtuel. J’en ai sélectionné un, ci-dessous, AIRCRAFT, pour que vous puissiez voir comment ça marche.

Les fans lui achètent des cadeaux virtuels et DouYu récupère la moitié des recettes. DouYu récupère également la moitié de la recette si Lin Mou vend ces cadeaux virtuels à d’autres utilisateurs. On l’inonde suffisamment de cadeaux pour que cela représente environ 4 M$ de revenu brut annuel.
DouYu réalise encore plus de profits, dans ces conditions, qu’en le comptant parmi ses champions.
Comme Huya, Tencent possède une vaste participation dans DouYu. En fait, sa participation est légèrement supérieure à celle de Huya.
En Chine, s’associer à Tencent – entre toute autre entreprise chinoise – représente ce qu’une société peut faire de mieux. C’est comme nouer un partenariat avec Amazon ou Google aux États-Unis. Voilà le type de soutien qui devrait aider DouYu à s’emparer d’une énorme part des 3 Mds$ que représente le marché de l’eSport en Chine.
Voici comment je souhaite jouer cette carte…
Action à prendre :
Vendre 10 puts DOYU NOV2019 7,5 P.
C’est une option de vente sur DouYu (NASDAQ : DOYU) d’expiration 15 novembre 2019 et de strike 7,50 $. Ce put est actuellement au prix de 0,55 $ (bid à 0,45 $ et ask à 0,60 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 550 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions DOYU – mais seulement si l’action tombe en dessous de 7,50 $ à l’expiration le 15 novembre.
Si cela se produit, nous devrons investir 750 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 10 contrats, c’est 7 500 $ – moins les 550 $ recueillis – pour acheter 1 000 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 7,50 $ à l’échéance, alors nous empochons les 550 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente DOYU du 15 novembre 2019, 7,50 $ :
- Le symbole est DOYU191115P00007500.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) DOYU.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (novembre 2019).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 15 novembre 2019).
- Choisissez le prix d’exercice de 7,50 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (10 contrats dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 0,55 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 0,45 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 0,55 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 0,45 $. Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Sincèrement,
James Altucher

