
Cher lecteur de Top 1% Altucher,
En complément du nouveau numéro mensuel que vous recevrez aujourd’hui à 17h, je souhaitais faire un point sur trois des valeurs centrales de notre portefeuille.
Bon, je ne vais pas enrober les faits – pour presque tout le monde à Wall Street, la semaine dernière fut pénible. Cette semaine n’est pas non plus une sinécure.
Même si l’immense majorité des traders avaient pu le prédire et l’anticiper, le Comité fédéral d’open market (organe de la Fed, banque centrale des Etats-Unis) a réduit les taux d’intérêt d’un quart de point la semaine dernière – et Wall Street fut quand même toujours déçu.
Les investisseurs en Bourse voulaient que le président de la Fed, Jerome Powell, indique au monde entier qu’il continuerait à baisser les taux dans un avenir proche. Mais au lieu de cela, Powell a précisé que la réduction des taux de la semaine dernière n’était qu’une réduction de mi-cycle et que les investisseurs ne devraient pas s’attendre à ce que cela se poursuive de la sorte…
En termes simples, Powell a donné un coup de pied dans la fourmilière Wall Street et les traders se sont affolés. En réaction, ils se sont délestés d’une partie de leurs actions.
Le président Trump – en “Tariff Man” comme il aime à se désigner (c’est à dire l’homme des tarifs douaniers en référence à ses actions dans la guerre commerciale visant à augmenter les droits de douanes) – a ajouté son grain de sel dans ce contexte déjà compliqué. Il a annoncé qu’à partir du 1er septembre, il taxerait à hauteur de 10% supplémentaires les marchandises chinoises. Une décision loin d’être anodine puisqu’elle représente un manque à gagner potentiel de 300 Mds$ pour la Chine.
L’empire du Milieu voit rouge. En représailles, le pays décide de dévaluer sa devise afin de rendre les produits importés aux Etats-Unis encore moins chers – rendant ainsi la décision de Trump insignifiante – et met fin à l’achat de produits agricoles en provenance des US (petite anecdote au passage, une partie des fidèles du président sont des agriculteurs).
Le commerce mondial a pris de sales coups ces 12-18 derniers mois et les derniers assauts du résident de la Maison Blanche ajoutés à la dévaluation du yuan ne contribuent en aucun cas à améliorer la situation.
Maintenant, même si les résurgences de tensions dans la guerre commerciale et les frustrations liées aux taux d’intérêts ont suffi à faire baisser le S&P 500 et le Nasdaq de 3 à 4% la semaine dernière puis de nouveau de 3 à 4% dans la seule journée de lundi… plusieurs de vos investissements ont connu une excellente semaine.
Le Roi du CBD
Pour commencer la revue de notre portefeuille, j’aimerais vous parler de Charlotte’s Web (CWEB : CSE).
Charlotte’s Web s’est échangé pour moins de 22 $ pendant quatre jours consécutifs à compter du 23 juillet. Hier, les actions se négociaient à plus de 26 $ !
C’est l’actualité d’un nouveau partenariat qui a poussé les actions Charlotte’s Web à grimper en flèche.
Lundi 29 juillet, Charlotte’s Web a publié un communiqué de presse dans lequel il était annoncé que Kroger, le plus grand détaillant alimentaire aux Etats-Unis, avait entamé la commercialisation des produits de notre entreprise cible.
Enthousiaste, Deanie Elsner, le PDG de Charlotte’s Web déclarait à cette occasion :
« Depuis sa création, Charlotte’s Web a pour mission de rendre les produits avec du CBD accessibles au plus grand nombre. Le réseau de distribution de Kroger, leader du marché, contribue énormément à notre mission. Nous sommes reconnaissants à l’égard de Kroger et de tous nos partenaires pour leur participation grandissante dans l’élargissement de l’accès aux produits de santé et de bien-être à base de chanvre. »
Grâce au deal conclu avec Kroger, Charlotte’s Web distribue ses produits à cinq grandes surfaces opérant sur 22 Etats américains. Outre les détaillants spécialisés, ses produits sont disponibles dans plus de 8 000 emplacements !
En matière de CBD, Charlotte’s Web est le roi. Le fossé qui le sépare de ses concurrents se creuse.
Mise à jour de la recommandation :
Achetez Charlotte’s Web (CWEB : CSE) sur repli, à 22,00 $.
A l’avant-garde de l’analyse de données
Parlons désormais d’Alteryx (NYSE : AYX).
Le mercredi 31 juillet, Alteryx a annoncé ses résultats du deuxième trimestre 2019. Les investisseurs ont été époustouflés par le rapport.
Dean Stoecker, le PDG d’Alteryx, commentait ces beaux résultats :
« Notre élan s’est poursuivi au deuxième trimestre, mis en évidence par la croissance des revenus de 59% par rapport à l’année précédente et par un rythme de croissance net supérieur à 130% entraîné par un marché vigoureux et une exécution solide. Nous continuons d’être émerveillé par les manières novatrices qu’ont nos clients de tirer parti de la plateforme d’Alteryx pour transformer remarquablement leur entreprise. »
En plus de battre les estimations de bénéfice par action et de chiffre d’affaires (CA) de Wall Street, Alteryx a également fourni des prévisions fantastiques pour le troisième trimestre.
Pour le troisième trimestre, l’entreprise a déclaré aux analystes qu’elle tablait sur un CA de 88 à 91 M$, soit une augmentation de 41 à 45% par rapport à l’année précédente.
Votre plus-value latente dans Alteryx s’élève à 86% et vous n’avez investi dans l’entreprise qu’en janvier 2019 !
Même si la croissance de cette société est stupéfiante et que, franchement, je pense qu’une grande partie de la vigueur récente de l’action peut être attribuée à la conviction grandissante que la société est une cible potentielle pour une acquisition, je ne vous conseille pas de vous renforcer à ces niveaux de valorisation.
Si les cours venaient à chuter à la suite d’une large vente sur le marché, je reviendrais sur la possibilité de vous recommander de vous renforcer ou non. Mais, en l’état actuel, conservez.
Mise à jour de la recommandation :
Conservez Alteryx (NYSE : AYX).
Trois autres noms qui changent la donne
Autre mention spéciale en ces périodes de publications de résultats : Cloudera (NYSE : CLDR).
Quand le célèbre Carl Icahn (homme d’affaire et milliardaire américain) s’immisce dans une affaire, Wall Street ne peut qu’être attentif.
Le jeudi 1er août, Carl a révélé – via un document 13D déclaré auprès de la Security and Exchange commission (SEC) – qu’il disposait d’une participation active massive dans Cloudera de 12,6%.
D’après cette déclaration 13D déposée à la SEC (elle est requise lorsqu’une personne morale ou physique fait l’acquisition de plus de 5% des actions d’une entreprise), Carl Icahn estime que Cloudera est sous-évaluée. Il émet par ailleurs son intention de parler au conseil d’administration et à la direction pour discuter d’un moyen d’accroître la valeur ajoutée de la société pour ses actionnaires.
Tout ce que vous avez à en retenir, c’est que c’est une excellente nouvelle pour vous. En actionnaire majoritaire, Carl va travailler pour votre compte afin d’accroître la valeur de votre investissement dans Cloudera.
Passons à un autre nom plus récent de la cote du New York Stock Exchange, qui a ébloui par ses résultats au deuxième trimestre… Pinterest (NYSE : PINS).
Jeudi 1er aout, Pinterest épatait Wall Street en publiant des résultats qui dépassèrent les attentes.
La société a enregistré un chiffre d’affaires en hausse, la moyenne mensuelle globale des utilisateurs ayant augmenté de 30% par rapport à l’année précédente ; et une croissance de 29% du revenu moyen par utilisateur (ARPU).
Ben Silbermann, le PDG de Pinterest s’exprimait en ces termes à l’occasion de la publication :
« Nous visons constamment à rendre Pinterest plus personnel, plus pertinent et plus utile à nos utilisateurs. Leur nombre mensuel moyen (MAU) atteignait les 300 millions à la fin du deuxième trimestre alors que nous étions en plein développement et que nous nous consacrions à déployer de nouveaux produits pour répondre à cette vision.
Nous avons également continué à élargir et à diversifier notre base d’annonceurs et à améliorer la capacité de ceux-ci à mesurer l’efficacité de leurs dépenses en publicité. Cela fait partie de nos efforts majeurs et continus pour créer de la valeur pour les entreprises sur Pinterest. »
Todd Morgenfeld, le directeur financier de Pinterest, appuya ces propos par des chiffres :
« Au deuxième trimestre, notre chiffre d’affaires a grimpé de 62% en comparaison avec l’année dernière, pour atteindre 261 millions de dollars. L’élan dont nous avons bénéficié au cours des derniers trimestres s’est poursuivi grâce au nombre croissant d’annonceurs qui ont pu reconnaître la capacité de notre plateforme à atteindre les consommateurs.
Nous restons encouragés par la croissance de notre ARPU [NDLR : la hausse du revenu moyen par utilisateur] aux Etats-Unis et par l’augmentation du nombre d’utilisateurs à l’international. Même si notre marge nette a diminué, en raison de l’attribution d’actions gratuites (AGA) consécutive à notre introduction en Bourse, notre forte performance en termes de chiffre d’affaires et l’accent mis sur l’exécution nous ont permis d’accroître les marges de notre EBITDA ajusté de 10% par rapport à l’exercice précédent. »
Regardez, alors même que Wall Street manquait de vigilance et ne voyait pas cette étoile monter, vous vous êtes positionné et avez acheté des options d’achat ou des actions de Pinterest avant ces incroyables résultats. Toutes mes félicitations pour avoir eu l’audace de faire ce que la plupart des investisseurs n’auraient pas osé !
Lorsque pendant quelques semaines, Pinterest aura consolidé et que son cours reposera vers le support des 30 $, nous ajusterons nos objectifs de prix de rachat et de baisse. Mais pour le moment, je veux que vous restiez sagement en position et que vous laissiez au titre une chance de reprendre son souffle.
Sincèrement,
James Altucher
Rédacteur en Chef

