
En début de mois, une fois de plus, Apple a dévoilé un nouveau produit, ce qui en fait trois cette année. Il est assez inhabituel que le géant technologique fasse autant de présentations en si peu de temps. En général, toutes les nouveautés sont annoncées lors d’un seul « Apple Event ».
Mais, à certains égards, la toute dernière présentation en date de la marque à la pomme pourrait s’avérer la plus importante de toutes…
En effet, lorsque la société a présenté ses tout derniers modèles de MacBook (Air et Pro), certains éléments ont brillé par leur absence : les processeurs Intel.
Un nouveau processeur dans les Mac
Apple est liée à la technologie Intel depuis quatorze ans : cela remonte à l’époque où la société a opéré une transition des architectures PowerPC vers les architectures x86. Les nouveaux MacBook sont munis de la puce M1, un nouveau processeur (« CPU ») totalement « maison ».
Et cette puce est assez exceptionnelle : la M1 intègre ce qu’Apple appelle les cœurs de processeur les plus rapides du monde. Elle intègre quatre cœurs haute performance et quatre cœurs d’efficience, soit un total de huit cœurs. Et, en plus, elle intègre un processeur graphique (GPU) huit cœurs, une mémoire cache et un Neural Engine seize cœurs.
Apple affirme que le nouveau MacBook Air affiche des performances CPU et graphiques 3,5 fois et 6 fois supérieures, respectivement, à celles du modèle antérieur. Cette puce est si rapide que le nouveau MacBook Air surperforme le précédent modèle phare, le MacBook Pro (qui utilise encore la technologie Intel), même si le Pro intègre certaines des meilleures puces d’Intel. Et le nouveau Pro surpasse de 280 % la performance du vieux modèle.
De plus, les nouveaux MacBook possèdent une efficacité énergétique, dans la mesure où, au maximum de leur performance, ils consomment une fraction de l’énergie consommée par leurs prédécesseurs Intel. Apple affirme que la durée de vie de la batterie va doubler.
Et tout cela sur une puce fabriquée par Taiwan Semiconductor (TSMC), mesurant 120 millimètres carrés, seulement, un bout de silicium plus petit que ce que l’on pourrait constater avec une puce Intel de puissance similaire. La puce M1 d’Apple emmagasine 16 millions de discrets éléments électroniques sur un petit disque (« wafer ») mesurant 11 mm².
Cet énorme bond en avant n’a été possible que grâce à ASML Holding (NASDAQ : ASML), qui figure dans notre portefeuille.
ASML est le seul fournisseur au monde d’outils de lithographie EUV (« extrême ultraviolet »), une technologie de fabrication de puces actuellement utilisée pour produire des puces pour Apple intégrant des éléments faisant 5 nm (nanomètres) de large. A titre de comparaison, une bactérie fait environ 1 000 nm de long. Un cheveu fait plus de 80 000 nm de large. Intel a encore du mal à dépasser la technologie des 10 nm, et ses puces 7 nm ne sont pas attendues avant 2022, au moins.
D’autres fabricants de puces font la course pour rattraper TSMC, ce qui signifie beaucoup d’autres commandes d’outils pour ASML. De plus, le fabricant taïwanais a l’intention d’ouvrir en Arizona un nouveau site de production de puces qui va coûter plusieurs milliards de dollars.
L’usine sera partiellement financée par TSMC et l’Etat d’Arizona, et le reste sera financé par le gouvernement américain, qui est impatient de rapatrier aux Etats-Unis les capacités de production des semi-conducteurs de base. Vous pouvez parier que cette nouvelle usine à la pointe des technologies intègrera les derniers outils de fabrication d’AMSL.
Est-ce le début de la fin de l’architecture x86 ?
Il y a dix ans, j’ai émis des spéculations concernant l’avenir d’Intel… A l’époque, le marché du smartphone était en plein essor, et les CPU énergivores d’Intel ont été carrément laissés de côté.
Les CPU d’ARM Holdings, qui affichaient de l’efficacité énergétique, étaient présents dans presque 100 % des téléphones portables du monde. Parallèlement, la performance des puces ARM s’améliorait régulièrement.
La technologie d’ARM allait-elle marcher un jour sur les platebandes traditionnelles d’Intel, dans le domaine des PC et des ordinateurs portables ? A l’époque, j’ai dit que cela finirait par arriver.
Et cette puce M1 d’Apple, basée sur ARM, annonce que ce moment est arrivé.
Elle n’est pas seulement à la hauteur de la performance d’Intel : elle la pulvérise. Je prédis que d’autres entreprises, en dehors d’Apple, vont se mettre à développer leurs propres puces haute performance ARM.
Se pourrait-il qu’une vaste substitution soit en chemin, et Intel pourra-t-il survivre ? Intel, qui se débat avec sa propre technologie de fabrication, semble jeter l’éponge. La société semble prête à externaliser sa production de puces.
Notre portefeuille en profite
Tout cela représente non seulement une excellente nouvelle pour ASML, mais également pour Nvidia (NASDAQ : NVDA), autre position de notre portefeuille.
Nvidia fait également partie des clients de TSMC, et la société s’apprête à lancer des puces 5 nm l’an prochain. Mais ce qui est véritablement important, c’est le fait que Nvidia ait entrepris de racheter ARM Holdings, actuellement détenue par une autre de nos positions : SoftBank (OTCBB: SFTBY).
Si l’opération est approuvée et menée à bien, et que Nvidia devient propriétaire d’ARM, l’action NVDA pourrait voir son cours tripler, par rapport à sa capitalisation boursière actuelle. Et NVDA deviendrait une société à mille milliards de dollars, et l’acteur du secteur des microprocesseurs ayant le plus de valeur…
A un avenir éclatant !
Ray Blanco
NewTech Insider

