
Nous allons procéder un peu différemment, cette semaine.
Et, ironiquement, on va le faire avec une position récente, bien que vous ne la reconnaissiez pas au premier abord.
Il s’agit de Nikola (NASDAQ : NKLA), que je vous ai présenté avant sa fusion sous sa dénomination antérieure, VectoIQ, une SPAC (Special Purpose Acquisition Corporation : aux États-Unis, société sans activité opérationnelle qui a pour objectif d’acquérir des entreprises et des actifs via des acquisitions).
Lorsque la fusion a été achevée, en début de mois, la nouvelle entité a pris le nom de Nikola.
Il y a peu de temps encore, les actions se négociaient entre 13 $ et 19 $, mais, bien que la société n’ait aucun revenu, elles ont flambé à 67 $.
En fait, la société n’a aucune perspective de revenus avant le printemps 2021, alors cela soulève la question suivante : pourquoi recherchons-nous un revenu auprès d’une entreprise qui n’en a pas, mais dont le titre a été multiplié par 4 depuis la dernière fois qu’elle nous a rapporté quelque chose ? Pourquoi vouloir détenir cette action à ces niveaux-là ?
Réponse : on ne voudrait pas. Mais il y a d’autres éléments à prendre en considération.
Un solide concurrent sur le marché du véhicule électrique
Aujourd’hui, Nikola ouvre les précommandes pour son modèle Nikola Badger : une camionnette pick-up zéro émission, qui carbure à l’hydrogène (pile à combustible de 120 kW alimentée par un réservoir de 8 kg), en plus d’une batterie tout électrique de 160 kWh.
L’objectif du constructeur est de s’emparer d’une part du secteur automobile et d’attirer une clientèle haut de gamme qui recherche des pick-ups puissants.
La société prévoit pour son modèle une autonomie de 965 km, en mode mixte hydrogène/électrique. Ceux qui n’ont pas accès à l’hydrogène et se serviront du seul mode électrique disposeront d’une autonomie de 482 km.
Ce véhicule concurrence le Cybertruck de Tesla, le Super Duty de Ford, le Dodge Ram et le Silverado de Chevrolet.
Il est important de souligner que le pick-up de Nikola sera produit via un partenariat avec un équipementier qui n’a pas encore été annoncé.
Nikola a déjà plusieurs partenariats, comme vous pouvez le constater ci-dessous, mais le partenariat avec cet équipementier se révèlera encore plus important.
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Je crois réellement qu’un partenariat avec un équipementier sera annoncé prochainement, ce qui contribuerait à faire grimper l’action, mais il va s’écouler un certain temps avant que Nikola ne tire parti, financièrement, du Badger.
Une opportunité de revenus exceptionnelle
Mais comme je l’ai dit lors de ma première recommandation, la technologie présente dans les camions Nikola est capable de concurrencer Tesla et les anciens moteurs diesel et essence actuels.
Le camion semi-remorque à batterie électrique (« BEV ») de l’entreprise pourrait être commercialisé aux alentours de mai 2021 et la version pile à combustion (« FCEV ») à l’été 2023.
Et jusqu’à cette période, Nikola dispose d’un solide trésor de guerre.
Le constructeur a levé 760 M$ au premier semestre 2020. Très bientôt, 300 M$ pourraient venir s’y ajouter. Ils viendraient de warrants qui, selon moi, seront exercés lorsque leurs détenteurs auront la possibilité de le faire.
C’est au niveau de ces warrants, et des actionnaires existants ayant demandé récemment la possibilité de vendre leurs actions, que notre opportunité entre en jeu.
La puissance du trading d’options
Je sais ce que vous pensez : « James, lorsque des initiés vendent leurs actions… n’est-ce pas
négatif ? »
Si, en effet.
Et ce n’est pas le pire. Attendez de voir les chiffres.
Le mois dernier, la société a déposé un formulaire S-1 auprès de la SEC (autorité des marchés, aux États-Unis) déclarant l’émission et la vente d’un peu plus de 77 millions d’actions.
77 MILLIONS !
Lorsque ces titres seront proposés à la vente, il est probable que cela exercera une pression colossale sur les actions !
Et parmi ces actions se trouvent les warrants évoqués plus haut : 23 millions, pour être précis. Ces warrants donnent le droit à leurs détenteurs d’acheter des actions à 11,50 $. Ensuite, ils peuvent les vendre au cours du marché, une fois qu’elles sont sur leur compte.
Au cours actuel de 67 $, c’est une excellente affaire pour les vendeurs, et cela représenterait 250 M$ à 300 M$ de trésorerie pour l’entreprise, mais cela va exercer davantage de pression sur l’action.
Mais c’est là que situe l’opportunité.
Tout le monde sait ce qui va se passer, mais personne ne connaît l’ampleur de la pression vendeuse que cela va créer, ni jusqu’où l’action va baisser. Voilà pourquoi les investisseurs intègrent quelque chose de démesuré dans les cours.
À tel point que nous pouvons vendre des puts à 70% en dessous du cours actuel de l’action, environ, et en retirer un revenu considérable ! Et en ce qui concerne la date d’expiration, elle ne se situe pas dans des années, mais au mois d’août.
C’est donc bien une action que l’on ne souhaite pas acheter à son cours actuel, mais que je serais heureux de détenir si elle est décotée de 70%.
Et la meilleure, c’est qu’une fois que ces ventes seront déclenchées, les primes de nos options ne devraient pas bouger. Bon, il se peut qu’elles baissent si l’action chute plus bas que les gens ne l’anticipent.
Alors voici comment nous allons jouer cette carte…
Action à prendre :
Vendre 4 puts NKLA AUG2020 20 P.
C’est une option de vente sur Nikola (NASDAQ : NKLA) d’expiration 21 août 2020 et de strike 20 $.
Ce put est actuellement au prix de 1,25 $ (bid à 1,20 $ et ask à 1,30 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 500 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions NKLA – mais seulement si l’action tombe en dessous de 20 $ à l’expiration le 21 août.
Si cela se produit, nous devrons investir 2 000 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 4 contrats, c’est 8 000 $ – moins les 500 $ recueillis – pour acheter 400 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 20 $ à l’échéance, alors nous empochons les 500 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente NKLA du 21 août 2020, 20 $ :
- Le symbole est NKLA200821P00020000.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) NKLA.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (août 2020).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 21 août 2020).
- Choisissez le prix d’exercice de 20 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (4 contrats dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 1,25 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 1 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 1,25 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 1 $.
Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Pour avoir les niveaux du bid et du ask en temps réel et ainsi réaliser un trade pertinent par rapport au prix du marché, il est fortement recommandé de prendre l’abonnement aux données en temps réel pour les options US chez votre broker.
Sincèrement,
James Altucher

